Bruxelles, 18/06/2002 (Agence Europe) - De 2000 à 2006, 24,2% des aides Objectif 1 accordées aux régions les moins développées de l'Union européenne devraient bénéficier à d'autres pays membres, selon un rapport sur l'impact économique des aides Objectif 1 commandité par la Commission européenne. L'auteur de ce rapport, que vient de recevoir la Commission, explique que l'interconnexion des marchés des Quinze fait que les pays membres les plus riches récupèrent indirectement une partie de l'argent mis dans le pot commun par le biais des importations qui résultent de la mise en œuvre des projets financés grâce à ces aides. Selon ce rapport, 42,6% des aides Objectif 1 accordées à la Grèce de 2000 à 2006 devraient bénéficier à d'autres pays membres, ce qui est le sort de 35,2% des aides au Portugal, 26,7% des aides à l'Italie (et 17,4% pour celles accordées au Mezzogiorno), 18,9 de celles à l'Allemagne de l'Est et 14,7% des aides à l'Espagne. A ces 24,2% de moyenne s'ajoutent 9% qui bénéficieraient aux pays tiers.
Pour la période 1994-1999, l'évaluation était de 30 à 40%. Pour la Commission européenne, publier ces chiffres est une manière de plus d'insister sur l'utilité des fonds structurels. Toujours selon ce rapport, l'impact des interventions communautaires sur la croissance du PIB de 2000 à 2006 serait de 3,5% pour le Portugal, 2,2 % pour la Grèce, 1,7% pour le Mezzogiorno, 1,6% pour l'Allemagne de l'Est et 1,1 % pour l'Espagne.
Le Commissaire européen en charge de la politique régionale, Michel Barnier, a présenté les résultats de cette étude aux autres Commissaires ce mardi matin à l'occasion du "séminaire" de quelques heures que le Collège a consacré à l'avenir de la politique de cohésion. Cette réunion, qui a eu lieu un jour plus tôt que prévu, a essentiellement permis au Commissaire Barnier de faire le point sur l'état du débat. Il n'y a eu aucune conclusion à l'issue de la discussion, explique un porte-parole. Tous étaient d'accord pour maintenir la priorité pour les régions les plus pauvres et pour appeler à plus de simplification, mais les Commissaires ne sont pas vraiment entrés dans le débat sur la poursuite d'aides de type Objectif 2 aux autres régions.
La Commissaire en charge des affaires sociales, Anna Diamantopoulou, s'est fait l'avocate d'une politique de la cohésion ouverte à toutes les régions, mais avec un rééquilibrage en faveur des actions sur la formation et le "capital humain".
Le Commissaire à l'agriculture Franz Fischler a demandé plus d'argent pour le développement rural lors de la révision à mi-parcours de la PAC. Pour l'après-2006, il a insisté sur le fait que toutes les régions rurales devraient pouvoir bénéficier d'aides.
Le Conseil a approuvé lundi un premier rapport sur le Deuxième rapport de la Commission sur la cohésion, présenté en janvier dernier. EUROPE y reviendra demain.