Luxembourg, 18/06/2002 (Agence Europe) - De fil en aiguille, la Présidence espagnole a patiemment tissé, lundi à Luxembourg, un compromis qui va permettre aux Quinze d'adopter une position commune en vue de la négociation sur le chapitre agricole et de respecter le calendrier adopté à Göteborg et Laeken. L'accord auquel sont parvenus les ministres des Affaires étrangères renvoie à l'automne la délicate question de la mise en œuvre des aides directes dans les futurs nouveaux Etats membres. Il est assorti d'une déclaration de la Commission qui affirme que sa proposition concernant l'introduction progressive des aides directes reste valable et qu'elle entend se tenir à cette approche.
Voici le texte de l'accord tel qu'il sera repris dans la position commune de l'UE sur l'agriculture: "Les perspectives financières approuvées à Berlin pour la période 2000-2006 ne couvrent pas les aides directes à l'agriculture dans les nouveaux Etats membres. Cependant, les schémas d'aides directes prévus par le règlement 1259/1999 et ses annexes font partie de l'acquis. Une déclaration de la Commission sur cette question se trouve en annexe. Considérant que l'acquis doit s'appliquer à tous les Etats membres, avec des modalités transitoires qui doivent être adoptées avec les pays candidats dans le traité d'adhésion, une décision sur le dossier des aides directes doit encore être prise pour compléter la position commune sur l'agriculture. Conformément à la feuille de route approuvée à Göteborg et Laeken, cette décision sera prise en temps utile pour respecter les étapes et le calendrier qui seront approuvés au Conseil européen de Séville, en lien avec la phase finale des négociations d'élargissement et sans préjuger des futures discussions internes sur les politiques communautaires".
A l'issue de la réunion, le Président du Conseil Josep Piqué s'est félicité de la souplesse dont ont fait preuve certaines délégations et il a souligné que ce compromis permettra de respecter le calendrier de l'élargissement. Le Commissaire Günter Verheugen qui avait souhaité, lundi dernier, l'adoption d'un tel cadre de travail (voir EUROPE des 10/11 juin, p.8), s'est aussi déclaré très satisfait de ce résultat. "Sans la décision d'aujourd'hui, nous aurions perdu du temps, de l'élan et de la crédibilité", a-t-il dit en soulignant que les négociations agricoles vont maintenant pouvoir commencer.