Bruxelles, 21/05/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire en charge de l'élargissement, Günter Verheugen, a lancé un appel aux Etats membres pour qu'ils acceptent, dans leurs positions communes de négociation, les récentes propositions de la Commission sur le financement de l'élargissement et les chapitres agricoles, régionaux et budgétaires comme étant équilibrées, réalistes et même financièrement avantageuses pour les Quinze. Une réduction de l'enveloppe globale de 40 milliards d'euros proposée par la Commission pour les années 2004-2006 (comme le réclament la plupart des Etats membres contributeurs nets, qui contestent surtout l'octroi progressif d'aides directes aux agriculteurs des nouveaux membres avant la fin des perspectives financières actuelles de l'UE 2000-2006, qui ne prévoient pas de telles aides aux nouveaux Etats) pourrait même aboutir à des coûts dépassant les 40 milliards envisagés pour l'adhésion des nouveaux membres au cours des trois premières années, a dit M. Verheugen dans une interview à Uniting Europe, l'hebdomadaire de l'Agence EUROPE sur l'élargissement.
Des Etats contributeurs nets, notamment l'Allemagne, demandent que l'UE prenne comme cadre de financement pour l'élargissement dans les années 2004-2006 l'enveloppe budgétaire prévue dans l'Agenda 2000 pour les premières adhésions, c'est-à-dire les années 2002-2004. Or, la Commission a fondé ses propositions sur les moyens budgétaires prévus pour l'élargissement entre 2004-2006 (plus importants que ceux de 2002-2004). "Si nous prenions le budget 2002-2004 comme base de référence, nous aboutirions à une situation dans laquelle la majorité des nouveaux pays membres deviendraient des contributeurs nets. Par conséquent, d'importants paiements compensatoires devraient être payés à ces pays, afin d'éviter qu'ils se retrouvent dans une telle situation qui, évidemment, serait politiquement inacceptable. Quel serait le résultat final d'un tel scénario? Les dépenses totales pour l'élargissement seraient, finalement, plus élevées que les 40 milliards que la Commission a proposés sur base des moyens disponibles pour l'élargissement dans l'accord de Berlin (sur l'Agenda 2000) pour la période 2004-2006", affirme le Commissaire. M.Verheugen s'est dit confiant d'avoir pu, entre-temps, convaincre la majorité des Etats membres que l'approche de la Commission était "la plus avantageuse et la moins coûteuse". "Mon sentiment est que le résultat final dans les négociations (financières avec les candidats) sera très proche de ce que la Commission a proposé", a-t-il estimé. M.Verheugen a aussi estimé que les 25 milliards d'euros de transferts nets vers les dix premiers nouveaux membres en 2004-2006 (40 milliards moins les 15 milliards que les nouveaux membres paieront comme contribution au budget de l'UE au cours des trois premières années de leur adhésion) toucheront sans doute la limite de la capacité d'absorption des nouveaux pays membres. Le Commissaire s'est par ailleurs dit optimiste que, d'ici la fin de la Présidence espagnole, les négociations pourront être achevées sur presque tous les "chapitres techniques", c'est-à-dire sans implications financières et budgétaires directes.
A propos du chapitre institutionnel, M.Verheugen a réitéré son point de vue que la ratification et l'entrée en vigueur du Traité de Nice sont des conditions préalables pour la conclusion des négociations d'adhésion; il s'est dit confiant que le second référendum irlandais permettra cette ratification. "Mon sentiment est que le Traité sera ratifié. L'Irlande est un pays qui est très fortement en faveur de l'élargissement, et je suis sûr que lors de la campagne pour le second référendum, beaucoup plus d'attention sera accordée au fait que la ratification du Traité de Nice n'est pas seulement importante pour l'Irlande, mais que cette question est aussi décisive pour l'avenir d'autres grandes et importantes nations d'Europe dans la partie orientale de notre continent. Je suis confiant que le peuple irlandais sera beaucoup plus conscient de ce lien" qu'il ne l'était lors du premier référendum, a dit M.Verheugen.