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Bulletin Quotidien Europe N° 8215
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/amerique latine/caraibes

Le Sommet de Madrid s'est attaqué aux tentations proctectionnistes américaines - Les pays latino-américains appellent aussi l'Union à ouvrir ses marchés

Madrid, 21/05/2002 (Agence Europe) - Lors du Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes du 17 mai à Madrid (voir EUROPE du 18 mai, p.4), les participants ont condamné l'unilatéralisme américain d'une seule voix, mais les pays latino-américains ont également appelé l'UE a ouvrir plus rapidement ses marchés.

Nous nous sommes engagés à lutter contre le terrorisme et le trafic de drogue et nous avons plaidé pour le libre-échange et contre le protectionnisme, a souligné José Maria Aznar à l'issue de la réunion. "Ce dont nous avons besoin, c'est d'un multilatéralisme qui ne soit pas rhétorique, mais réel et efficace", a martelé Javier Solana, en citant l'exemple de la coordination entre les deux régions dans le cadre de la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève, ou à New York lors des discussions sur l'Afghanistan et le Proche- Orient. Le Président chilien, Ricardo Lagos, a proposé un "décalogue" de priorités pour renforcer l'influence des deux régions sur la scène internationale et ancrer leur alliance notamment sur les thèmes de la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix de l'ONU, le commerce, la Cour pénale internationale, ou la protection de l'environnement.

Le Sommet a fait ressortir "un grand effort d'unité" qui permet aux deux régions de "faire front commun" contre les tentations protectionnistes, a estimé le président de la Commission, Romano Prodi, et le Commissaire aux relations extérieures, Chris Patten, a plaidé pour une « sorte de multilatéralisme" établissant des règles "plus justes pour les pays les plus pauvres" et permettant d'affronter "le côté obscur de la globalisation" (terrorisme, défis pour l'environnement). M. Patten a fustigé l'unilatéralisme qui permet aux Etats-Unis d'abandonner le protocole de Kyoto ou la Cour pénale internationale, et le Commissaire au Commerce, Pascal Lamy, a souligné pour sa part que "comme l'a déjà remarqué le Commissaire Fischler", la décision américaine d'augmenter de 67% ses subventions à l'agriculture "n'est pas le genre de bonne nouvelle pour le monde », et que « d'autres souffriront plus que l'Union européenne ». En outre, "cette décision ne facilitera pas la réforme de la politique agricole commune", a-t-il remarqué, en ajoutant qu'une conséquence pour les négociations à l'OMC sera que "les Etats-Unis devront céder davantage que s'ils n'avaient pas approuvé cette législation", a-t-il ajouté.

Le Président Chirac a dénoncé lui aussi avec virulence, l'unilatéralisme américain, "dans le domaine de l'acier, du bois et récemment dans le domaine agricole". Il a mis en avant les contradictions des Etats-Unis, qui annoncent une augmentation de leur aide au développement, "dont il est de notoriété publique qu'elle est la plus faible au monde", et adoptent en même temps une décision "qui affectera en premier lieu les pays émergents". De concert avec le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, il avait appelé la Présidence espagnole à réagir fermement. "L'agenda de Doha est en danger à cause de cet unilatéralisme croissant", a estimé M. Verhofstadt, en soulignant l'importance de l'appel conjoint contre le protectionnisme lancé la semaine dernière par les présidents de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale, tout en estimant que les décisions américaines "ne doivent pas être une raison pour interrompre la réforme de la PAC".

A l'image du Président brésilien, Enrique Cardoso, qui avait condamné les tentations protectionnistes qui briment les perspectives de développement (voir EUROPE du 18 mai, p.5), les pays latino-américains ont réclamé davantage de débouchés sur les marchés européens. Le ministre argentin des Affaires étrangères, Carlos Ruckauf, a souligné que "nous ne sommes pas venus (à Madrid) pour demander l'aumône, mais pour dire à l'UE d'ouvrir ses marchés", et a condamné les subventions agricoles européennes dont souffrent les exportations argentines. L'objectif n'est pas que l'on "nous offre du lait, des produits agro-alimentaires en surplus. Nous voulons que nos produits entrent librement (sur le marché européen)", a déclaré le président péruvien, Alejandro Toledo. "Nous faisons sommet après sommet, et nos peuples s'enfoncent d'abîme en abîme", a lancé le Président vénézuélien, Hugo Chávez. Le Président colombien, Andres Pastrana, a souligné enfin que l'Amérique latine a besoin, de la part de l'UE, "d'une coopération moins paternaliste ".

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