Madrid, 21/05/2002 (Agence Europe) - La réunion des chefs d'Etat des pays andins et de la Troïka européenne, le 18 mai, à Madrid, a "permis de faire le point sur le processus d'intégration andin, la lutte contre le terrorisme, la corruption et le trafic de drogue, élément fondamental de la stabilité", a résumé José Maria Aznar à l'issue de la rencontre. Les deux parties se félicitent dans un communiqué conjoint de la "nouvelle initiative visant à négocier un accord politique et de coopération entre l'UE et la Communauté andine, ainsi que la décision de renforcer la coopération en matière de commerce, d'investissement et de relations économiques". Répétant la formule de la déclaration du Sommet de Madrid, les deux parties soulignent que ceci pourrait créer les conditions d'un accord d'association portant sur la création d'une zone de libre-échange, "sur la base des résultats atteints dans le cadre du programme de travail de Doha". Le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, a assuré que le Danemark, prochaine présidence du Conseil de l'UE, fera tout pour faire avancer l'adoption du mandat du futur accord de coopération. Selon M. Aznar, "nous avons établi un nouveau cadre qualitatif pour la négociation" qui donnera ses résultats "dans le cadre des négociations commerciales de Doha" à conclure en 2004. Le Commissaire au commerce, Pascal Lamy, avait rappelé la veille que les pays andins disposent d'ores et déjà d'un accès libre au marché européen pour 90% de leurs produits dans le cadre du système de préférences généralisées, et que s'ils souhaitent obtenir plus, "la marge est le secteur agricole qui sera discuté dans le cadre de l'agenda de Doha en 2004 - et ils le savent". En outre, il avait insisté sur la nécessité d'une accélération de l'intégration andine, en remarquant que "dans le domaine des normes, de la propriété intellectuelle, des investissements, des marchés publics, il faut négocier de marché à marché et donc négocier avec un groupe". Or, a souligné le Commissaire, "le cas du Mercosur a démontré qu'il faut un groupe régional fort pour pouvoir négocier".
Le Président bolivien, Jorge Quiroga, qui assure la présidence tournante de la Communauté andine, a reconnu de son côté que les pays andins doivent "faire leur devoir" en renforçant leur intégration. Les deux processus doivent progresser en parallèle, a-t-il estimé, en rappelant que "nous nous sommes engagés à mettre en place un tarif douanier commun en 2003". "Nous disposons d'un traité sur le commerce, les services et l'investissement, d'un mécanisme de règlement des différends et d'engagements dans le domaine douanier", a expliqué à quelques journalistes le Secrétaire général de la Communauté andine, le SICA, Oscar Santamaria. La formule de compromis trouvée à Madrid « n'est pas complètement satisfaisante pour nous, puisqu'elle comprend des points d'ambiguïté » mais elle « comporte aussi des éléments positifs », a déclaré à l'agence EFE le ministre bolivien des Affaires étrangères, Gustavo Fernández. "Nous avons un signal de départ, maintenant, nous devons travailler sur le terrain diplomatique", a-t-il ajouté, en précisant que les pays andins doivent "mettre de l'ordre chez eux". "Nous sommes absolument convaincus qu'un accord est possible (…) dans le cadre des progrès des négociations de Doha et pas nécessairement après" , a assuré à EFE le ministre péruvien des Affaires étrangères, Diego Garcia-Sáyan. Selon lui aussi, le compromis de Madrid "permet des interprétations divergentes". Le Président Quiroga a souligné par ailleurs, durant la conférence de presse finale, que l'accès au marché est un élément indissociable de la lutte contre le trafic de drogue, car "pour promouvoir les cultures alternatives à la coca, il faut que ces produits aient un débouché".