Bruxelles, 19/04/2002 (Agence Europe) - L'industrie de la bière est engagée dans la promotion d'une consommation responsable de ses produits et dans la lutte contre leur mauvais usage. Partout en Europe, elle élabore des stratégies et met en oeuvre des actions qui visent à réduire la consommation excessive, en tenant compte notamment de la diversité des cultures de consommation. C'est ce qu'a dit en substance Paul Bergqvist à l'occasion d'une conférence organisée par la CBMC-Les Brasseurs européens, le lobby qu'il préside. L'approche volontaire préconisée par M. Bergqvist a reçu un soutien plein et entier de la part d'Astrid Lulling, (démocrate-chrétienne luxembourgeoise), présidente de l'Intergroupe vin du Parlement européen.
Membres du PE, fonctionnaires européens et nationaux, industrie, publicitaires, organisations de consommateurs, détaillants, enseignants, éducateurs, professionnels de la santé et ONG "sociales" ont pris part à cette manifestation organisée à l'intention de toutes les parties concernées par la « consommation responsable ». Les intervenants ont illustré par des exemples pratiques tant la mise en oeuvre par l'industrie des codes de conduite relatifs aux communications commerciales que les efforts menés en partenariat aux fins d'éduquer, d'informer et de sensibiliser le public sur les bénéfices individuels et collectifs qui peuvent être tirés d'une consommation responsable. "Dans l'Europe entière, nous collaborons avec les gouvernements et de nombreuses autres organisations dans des projets destinés, par l'éducation et l'information, à contribuer à réduire les problèmes liés au mauvais usage de nos produits", a indiqué M. Bergqvist, soulignant que l'industrie qu'il représente "joue un rôle important dans la prise de conscience des implications d'une consommation inappropriée et dans la mise en oeuvre d'actions visant à combattre celle-ci". Le président de la CBMC s'est en outre dit convaincu de l'efficacité des codes de conduite en matière de publicité et de marketing. "La publicité et le marketing doivent être auto-réglementés", a-t-il estimé.
Sur ce point comme sur d'autres, M. Bergqvist a reçu un soutien sans faille de la part de Mme Lulling. Il faut éviter de tout réglementer, a déclaré cette dernière, estimant que l'approche législative "enserre l'industrie dans un corset". La parlementaire européenne a donc plaidé en faveur de l'action volontaire, "plus efficace pour atteindre davantage de monde", estimant par exemple que "les accises élevées sur les boissons alcooliques qu'imposent des pays comme la Suède et la Finlande n'empêchent pas les gens de boire". Astrid Lulling a fustigé le Commissaire européen responsable du marché intérieur, Frits Bolkestein, qui prépare une proposition de révision du régime des accises et de la TVA sur les boissons alcooliques adopté en 1992: "M. Bolkestein veut proposer une directive pour abolir le taux zéro pour le vin, augmenter les accises sur la bière et fixer un taux d'accises maximum. Les pays qui seraient au-dessus de ce taux pourraient néanmoins le maintenir, et ceux qui se situeraient dans la fourchette entre taux minimum et taux plafond pourraient diminuer leur taux. C'est une proposition ahurissante, voire diabolique. Notre objectif doit être de tuer dans l'oeuf cette tentative de M. Bolkestein". Mme Lulling a par ailleurs estimé que les brasseurs, les viticulteurs et les producteurs de spiritueux doivent travailler la main dans la main pour relever le défi de la consommation responsable et elle a invité M. Bergqvist à participer à l'Intergroupe vin.
Enfin, au nom de la Commission, Peter Kerstens, du cabinet du Commissaire David Byrne, a estimé que les codes de conduite existants répondent de manière satisfaisante à la problématique de l'abus d'alcool, mais il a souligné que des efforts importants doivent encore être faits au niveau de leur application.