Bruxelles, 03/04/2002 (Agence Europe) - Dans une lettre qu'il a envoyée au président du Parlement européen, Pat Cox, à la veille de la réunion de la conférence des présidents de ce jeudi, le président français du groupe GUE/NGL, Francis Wurtz constate que les informations transmises depuis Ramallah par Luisa Morgantini (PRC), présidente de la délégation du PE pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, « témoignent d'un comportement véritablement ignoble et totalement irresponsable de l'armée israélienne ». Et M. Wurtz de citer: tirs sans sommation ; rafles de masse ; prises d'otages ; humiliations collectives ; destructions de maisons, de voitures, de biens personnels dans les appartements ; acharnement sur des blessés ; privation d'eau, d'électricité, de vivres, de médicaments ; propos outrageants… « Pour lancer cette offensive, manifestement préméditée, le gouvernement Sharon n'attendait qu'un prétexte. L'effroyable attentat terroriste de Netanya le lui a malheureusement fourni. Et ce, au moment précis où l'importante initiative de paix des pays arabes plaçait le gouvernement israélien au pied du mur. Comme Yasser Arafat et nombre de dirigeants palestiniens parmi les plus respectés ne cessent de le souligner, ces attentats contre des innocents en Israël sont non seulement moralement inacceptables, ils desservent dramatiquement la cause palestinienne. Il est symptomatique que ce sont précisément ces dirigeants palestiniens et les institutions qu'ils représentent que le pouvoir israélien désigne comme cibles privilégiées à son armée d'occupation. Ariel Sharon est un danger absolu pour une paix juste au Proche-Orient », écrit M. Wurtz qui poursuit: « Il n'a, en vérité, jamais accepté la restitution des territoires occupés. Aujourd'hui, il ignore totalement la résolution 1402 du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant « le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes » ; il se permet d'interdire à l'émissaire européen, M. Moratinos, ainsi qu'à l'envoyé spécial des Nations unies l'accès au bureau du président de l'Autorité palestinienne ; il nargue les chefs d'Etat qui lui demandent de mettre fin à ses opérations insoutenables ».
« Tout les pays membres du Conseil de sécurité, y compris les Etats-Unis, ont adopté la résolution 1402. Il leur incombe désormais de la faire appliquer. L'Union européenne a tenté de convaincre Washington d'apporter son concours à une initiative associant, aux côtés des Etats-Unis, l'ONU, l'Europe et la Russie. En vain. Le président Bush continue d'accorder son feu vert à l'aventure guerrière d'Ariel Sharon. Dans ces conditions, l'attente est forte et légitime d'une initiative autonome de la part des « Quinze », soutenue le cas échéant par des pays candidats à l'adhésion ou d'autres partenaires », affirme M. Wurtz qui estime que l'UE devrait exiger dans l'immédiat l'envoi d'une force internationale de protection des populations civiles. Il réitère aussi la double proposition qu'il avait formulée, le 5 février dernier en séance plénière (voir EUROPE du 6 février, p.5): - que les quinze ministres des Affaires étrangères de l'UE se rendent ensemble à Jérusalem, demandent à rencontrer Yasser Arafat et exigent avec fermeté le respect du droit international, qui passe en priorité par l'arrêt immédiat de l'offensive militaire en cours ; - que le PE applique sans tarder sa décision d'envoyer sur place une délégation de très haut niveau, dirigée dans la mesure du possible par son président. « Au cas où les autorités israéliennes s'opposeraient à de telles initiatives ou refuseraient de leur donner suite, il me semble aller de soi que l'Accord d'association qui lie Israël à l'Union européenne devrait être suspendu et les relations de l'Europe avec ce gouvernement reconsidérées en conséquence », ajoute M. Wurtz.
Le président du groupe de la gauche se demande aussi s'il ne faudrait pas « envisager, pour donner à ces démarches politiques le plus grand impact possible et les meilleures chances de succès, d'appeler nos concitoyennes et nos concitoyens, à exprimer au même moment dans toute l'Europe - par un acte symbolique à déterminer - leur refus de la guerre, leur désir d'une paix juste fondée en particulier sur la fin de l'occupation et leur rejet des actes terroristes, d'où qu'ils viennent ». Il termine sa lettre en souhaitant que la conférence des présidents des groupes politiques auditionne Luisa Morgantini, ce jeudi, à son retour de Ramallah.