Bruxelles, 06/03/2002 (Agence Europe) - Le vice-président du Parlement européen Renzo Imbeni a présenté, d'accord avec la délégation des Democratici di sinistra au Parlement européen (à laquelle il appartient), une déclaration sur les "positions inacceptables" du ministre Umberto Bossi sur l'Union européenne. La déclaration a été signée jusqu'ici également par Enrique Baron, Graham Watson, Francis Wurtz, Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit, respectivement Présidents des groupe socialiste, libéral et de la Gauche unitaire et coprésidents du groupe des verts, ainsi que par Guido Bodrato (PPI, membre du groupe du PPE) et Mariotto Segni (Patto Segni, membre du groupe de l'Union de l'Europe des Nations).
La déclaration rappelle une série d'attaques virulentes et profondes déformations de la réalité" venant du leader de la Lega Nord, comme: "La Charte des droits (de l'UE) a été voulue par une alliance de francs-maçons, fascistes, nazis et communistes"; "Nous ne permettrons pas à Fourchelandia de mettre sous procès un de nos citoyens»; "L'Europe, c'est le nouveau fascisme, parce qu'elle enlève le pouvoir aux citoyens"; "Ils veulent une Europe des Soviets". Ou encore le slogan du dernier congrès de la Lega: "Europe super-Etat. Mort de la famille, immigration sauvage". Les signataires s'insurgent contre cette "caricature surréaliste d'une Union européenne qui, au contraire, est fondée sur le respect des droits des peuples et des citoyens", alors qu'elle est présentée comme "un ennemi réel et potentiel pour les droits des citoyens". Et ils se demandent si "de telles positions, exprimées par un ministre d'un pays membre de l'Union, sont compatibles avec la politique du gouvernement italien qui participe pleinement, sur la base des traités, à la définition de toutes les décisions stratégiques, de programme et législatives de l'Union", et invitent le gouvernement italien à "clarifier sa proposition et à prendre nettement ses distances" par rapport à de telles affirmations.
Le leader de l'opposition italienne Francesco Rutelli a décidé de présenter pour sa part, en tant que député européen (il siège au groupe libéral), "une question urgente au Conseil européen pour lui demander quelles initiatives il entend prendre afin de clarifier la situation du gouvernement italien". M. Rutelli rappelle l'affaire Haider, en 1999, en notant que le leader du FPÖ était "membre de la majorité gouvernementale, mais pas du gouvernement", contrairement à Umberto Bossi.
Mardi, le Président de la République Carlo Azeglio Ciampi a reçu Silvio Berlusconi, et à l'issue de l'entretien a été publié un bref communiqué réaffirmant que "les lignes fondamentales de la politique européenne de l'Italie" demeurent celles approuvées en novembre dernier par le Parlement et réitérées par le Premier ministre (qui a répété qu'il est "pro-européen depuis toujours", en estimant qu'il ne faut pas dramatiser au sujet du "langage haut en couleur" d'Umberto Bossi).