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Bulletin Quotidien Europe N° 8148
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

L'essentiel du problème du traitement à réserver à l'Allemagne au sujet de son déficit public devait se jouer à l'Eurogroupe de lundi soir

Bruxelles, 11/02/2002 (Agence Europe) - C'est lors de la réunion de l'Eurogroupe, de lundi soir, que devait se jouer, entre les ministres de l'Economie et Finances de la zone euro réunis sous la Présidence de Rodrigo Rato, la substance de l'avis que le Conseil Ecofin devait rendre mardi au sujet du dérapage du déficit public allemand. Selon un diplomate européen, « l'essentiel se jouera lors de cette réunion à Douze », surtout depuis que l'on sait que le Royaume-Uni a rejoint, aux côtés du Luxembourg et du Portugal, les pays qui estiment, comme l'Allemagne, que l'ouverture de la procédure d'alerte rapide est totalement injustifiée.

Les ministres étaient confrontés à deux scénarios: - ou bien le ministre allemand Hans Eichel aura reçu des consignes strictes du Chancelier Gerhard Schröder de tout faire pour éviter non seulement cet avertissement, mais encore un avis du Conseil Ecofin rédigé en des termes « infamants » pour l'Allemagne (dans ce cas, le blocage serait inévitable et devrait se manifester lors de l'Ecofin) ; - ou bien une solution de compromis sera dégagée, permettant au Conseil de ne pas ouvrir cette procédure, moyennant des engagements fermes de l'Allemagne au sujet de son déficit public (tout mettre en oeuvre pour éviter d'atteindre les 3% du PIB) et de son objectif de parvenir, avant 2006 (en 2005), à équilibrer ses finances publiques. Toute la difficulté consistera, dans ce dernier cas de figure plus probable, à convaincre certains Etats membres (Finlande, Pays-Bas, Belgique) et la Commission de passer outre l'interprétation rigoureuse de la résolution du Conseil européen d'Amsterdam sur la procédure de « early warning ».

Même si la situation économique et budgétaire est différente au Portugal (et même plus inquiétante à plusieurs égards ce pays connaissant notamment une réelle dérive de ses dépenses structurelles), qui devrait recevoir le même traitement que celui réservé à l'Allemagne, souligne-t-on de source communautaire.

L'Eurogroupe devait aussi faire le point sur la situation économique générale (à la lumière, notamment, des résultats de la réunion du G7 à Ottawa: voir plus loin) et devait être informé par Pedro Solbes sur les derniers détails concernant l'introduction, dans les douze pays concernés, des pièces et des billets en euro.

Pour M. Solbes, un avertissement est justifié - M. Schröder: l'UE
doit ménager « une vache qui donne du bon lait »

En marge du G7 à Ottawa (voir plus loin), M. Solbes a réaffirmé que la Commission souhaitait adresser une remontrance à l'Allemagne en raison de l'ampleur de son déficit budgétaire. « Nous en restons convaincus aujourd'hui, les chiffres du déficit allemand sont toujours les mêmes » (2,6% en 2001 et 2,7% en 2002), a-t-il dit, soutenu aussi par la Président de Bundesbank, Ernst Welteke, qui a indiqué qu'il se ralliait tout à fait à la démarche de la Commission. Si l'on s'en tient à ses propos énoncés vendredi à Berlin, le chancelier Schröder n'en démord pas), et il ne comprend toujours pas les raisons qui motivent la Commission à vouloir lui infliger cet avertissement. « On nous dit que la politique que nous menons est la bonne, et en même temps on parle de nous sanctionner », s'est-il étonné, en laissant entendre qu'il payait les pots cassés de la gestion de son prédécesseur, Helmut Kohl, le père intellectuel et la mère politique du Pacte de stabilité et de croissance. M. Schröder a rappelé ironiquement que la contribution nette de son pays au budget communautaire représentait 0,46% de son PIB, et a estimé que l'Europe avait intérêt à ménager « une vache qui donne du bon lait ».

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