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Bulletin Quotidien Europe N° 8148
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/developpement

Le Parlement invite l'Union à prendre des engagements fermes pour augmenter son aide publique au développement et donner l'exemple à la conférence de Monterrey

Strasbourg, 11/02/2002 (Agence Europe) - A l'approche de la Conférence internationale sur le financement du développement qui aura lieu les 21 et 22 mars prochains à Monterrey (Mexique) sous l'égide de l'ONU, le Parlement européen rappelle l'urgente nécessité d'inverser la tendance alarmante à la réduction drastique de l'aide publique mondiale au développement (APD) et invite l'Union européenne à se donner les moyens de garantir, comme elle l'ambitionne, le succès de cette conférence. La résolution commune adoptée jeudi dernier à Strasbourg déplore que le niveau de l'APD des pays les plus riches ait atteint en dix ans son plancher ( 0,22% de leur PIB, soit un pourcentage largement en-deçà du 0,7% recommandé par les Nations unies depuis 1974). Estimant que, depuis les événements du 11 septembre, la fourniture d'une aide adéquate au développement est plus pressante que jamais, le Parlement regrette que le projet de texte consensuel issu des préparatifs de la conférence ne comporte aucune obligation contraignante, assortie d'un calendrier.

Partant, il demande au Conseil de l'Union d'établir d'urgence, dans le courant de la Présidence espagnole, un calendrier ferme pour que la contribution de chaque Etat membre corresponde à 0,7% de son PNB, se félicite que le Conseil Ecofin ait donné mandat à la Commission de rechercher d'autres sources de financement du développement et espère que l'Union présentera les conclusions de son analyse lors de la conférence de Monterrey. Le Parlement demande aussi à l'Union de faire son possible pour obtenir que soit inscrite à l'ordre du jour de la conférence la question, selon lui essentielle, de la mobilisation de ressources supplémentaires destinées à la fourniture de biens d'intérêt général, en particulier au service de la lutte contre les maladies liées à la pauvreté.

Jugeant que l'initiative d'allégement de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) ne bénéficie qu'à une minorité de pays et que son rythme de mise en œuvre est trop lent, le Parlement demande à la Commission européenne de soumettre une proposition visant la reconversion de la dette des pays pauvres par des dispositions contractuelles axées sur la promotion d'investissements utiles et contrôlables dont bénéficiera la population.

Le Parlement estime par ailleurs que l'Union devrait allouer aux pays les plus pauvres et les moins développés 70% du budget consacré à la coopération au développement, et plaide, une fois de plus, pour la budgétisation du Fonds européen de développement (Fed) afin de créer un cadre financier global transparent pour l'ensemble des activités de coopération au développement menées par l'Union. Il souligne aussi l'importance des microcrédits aux microentreprises aux PME, y compris en zone rurale, et notamment en faveur des femmes.

Considérant que les échanges commerciaux sont la seule source extérieure importante de financement du développement, le PE reconnaît qu'il faut éliminer les barrières commerciales, les subventions responsables de distorsions des échanges, notamment dans les secteurs comme l'agriculture qui présentent un intérêt particulier pour l'exportation des pays en développement. Aux entreprises des pays riches, il demande instamment de prendre en compte les implications sociales de leurs opérations dans les pays en développement, ainsi que leurs répercussions sur l'égalité des sexes, l'éducation, la santé publique et l'environnement

Le Commissaire Poul Nielson plaide pour des actions concrètes visant
à doubler l'APD dans les dix ans

Devant les députés européens, Poul Nielson, Commissaire à la politique de développement, avait souligné l'importance qu'attache la Commission européenne à la conférence de Monterrey et, en particulier, à ce qu'elle débouche sur « une action concrète », le contexte international ne permettant pas, selon lui, de se contenter du « business as usual ». Soulignant que la crise actuelle aura un impact sur le développement économique mondial et que « une fois de plus, ce sont les plus pauvres qui paieront le plus lourd tribut », il a estimé que le défi à Monterrey serait de « garantir que la globalisation s'exerce au bénéfice et non au détriment des pauvres ». Convaincu que cette ambition ne pourra être satisfaite qu'à une condition - que les pays industrialisés saisissent l'opportunité de cette conférence sur le financement du développement pour confirmer avec force leur engagement renouvelé à lutter contre la pauvreté -, le Commissaire a déclaré: « Nous devons nous entendre sur des actions concrètes pour doubler les flux de l'aide publique au développement au cours des dix prochaines années, pour atteindre les objectifs de développement du millénaire (NDLR: réduire la pauvreté de moitié d'ici à 2015). L'aide publique au développement doit aussi être plus efficace. Il nous faut achever à temps pour cette conférence les travaux sur le déliement de l'aide ».

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