Bruxelles, 11/02/2002 (Agence Europe) - L'Union européenne compte quelque 20 millions de PME; elles occupent 65 millions de personnes, représentent 99 % de l'ensemble des entreprises et fournissent 53 % des emplois. C'est la raison pour laquelle le Conseil européen de Feira a adopté, en juin 2000, une Charte des petites entreprises qui engage les autorités publiques de l'UE à les soutenir. Mais la Commission européenne et les Etats membres se conforment-ils à cet engagement ? Pour répondre à cette question, la Commission européenne a publié mercredi son deuxième rapport sur la mise en oeuvre de la Charte de Feira qui montre que, si des progrès significatifs ont été accomplis en deux ans, notamment dans le domaine de l'éducation à l'esprit d'entreprise, des problèmes complexes subsistent, en particulier en matière d'accès au crédit des "starts-ups" et d'efficacité de la représentation des intérêts des PME aux niveaux national et européen.
Parmi les évolutions positives recensées dans le rapport, la Commission met en exergue les avancées dans le domaine de l'éducation à l'esprit d'entreprise, qui figure désormais d'une manière ou d'une autre dans les programmes des écoles secondaires de deux tiers des Etats membres, une tendance similaire étant observée dans l'enseignement supérieur. Elle déplore cependant que les autres Etats membres "ne prennent apparemment aucune disposition pour promouvoir l'esprit d'entreprise par le biais du système d'éducation". La Commission se félicite aussi des progrès réalisés dans le processus de création d'entreprises: une entreprise individuelle peut être constituée en deux jours dans huit Etat membres et à peu de frais. S'agissant des sociétés à responsabilité limitée, une entreprise peut être constituée en moins de deux semaines dans dix Etats membres (dans certains en moins d'une semaine), et les coûts sont inférieurs à 500 euros dans six Etats membres. Quant à la simplification de la réglementation, la Commission note que plus de la moitié des Etats membres appliquent de façon routinière l'évaluation d'impact sur les entreprises ou sont en passe de le faire. Au niveau de l'UE, cet aspect, qui a été discuté au Sommet de Laeken, fera l'objet d'un plan d'action qui sera présenté par la Commission en juin 2002.
L'accès au crédit est devenu beaucoup plus facile pour les PME au cours de ces dernières années, tandis que s'accroissait parallèlement l'offre de capital-risque à un stade précoce, qu'elle émane de sources publiques ou privées, indique la Commission. Pourtant, le problème du financement des "start-up" et des petites entreprises est devenu plus aigu au cours de ces six derniers mois, en raison de la réorganisation du secteur bancaire. En outre, la Commission souligne que le capital-risque est devenu plus frileux et que des bons projets de petites entreprises ne trouvent pas de financement faute d'offrir des garanties ou une part de capital plus élevée. Elle considère enfin que l'aspect le plus négligé de la problématique est celui de la représentation des intérêts des PME aux niveaux européen et national et fait valoir que "les intérêts des petites entreprises, tels qu'énoncés dans la charte, doivent être maintenus à l'avant-plan du processus décisionnel. Il est nécessaire de faire constamment pression pour que leurs intérêts soient pris en compte. Une meilleure représentation de ces intérêts, aussi difficile que cela puisse être, est une nécessité urgente dans tous les domaines de la politique".