Bruxelles, 11/02/2002 (Agence Europe) - La réunion des ministres des Finances du G7 à Ottawa, samedi dernier, a fait état d'un optimisme prudent (inédit depuis de longs mois) au sujet des perspectives de reprise de la croissance mondiale, malgré l'inquiétude suscitée par la crise en Argentine. Les ministres ont surtout insisté sur la nécessité, pour le gouvernement du président Eduardo Duhalde, de travailler étroitement avec le FMI. « Les perspectives de reprise dans nos économies se sont généralement améliorées, quoique les risques subsistent. Nous demeurons vigilants, et chacun de nous continuera à prendre les mesures qui s'imposent pour favoriser une reprise vigoureuse et durable », déclarent les ministres dans leur communiqué final. Le G7 a demandé à Buenos Aires de faire encore plus d'efforts pour sortir de la crise et n'a fait aucune promesse sur l'aide financière de 15 à 20 milliards de dollars réclamée d'urgence par le gouvernement argentin. « L'Argentine doit d'abord retrouver la confiance des créanciers et des investisseurs », a déclaré le ministre espagnol de l'Economie, Rodrigo Rato, qui représentait l'UE. Selon le G7, le nouveau gouvernement argentin a « effectué des pas dans la bonne direction », mais il doit « continuer à travailler plus étroitement avec le FMI » pour mener à bien les réformes requises.
Les ministres ont aussi discuté de la déflation japonaise et de la situation économique en Russie. Le Japon a sauvé la face en évitant d'être cité dans la déclaration finale du G7, alors que son déficit public, la déflation et l'accumulation de créances douteuses des banques japonaises (d'un montant estimé à 277 milliards de dollars) inquiètent ses partenaires. Le Secrétaire américain au Trésor, Paul O'Neill, a déclaré que « les pays du G7 ont déjà largement fait part de ce qu'ils pensaient des responsabilités des autorités japonaises concernant le règlement de la crise », mais qu'ils ne voyaient pas d'avancées en matière de réformes structurelles. Le Commissaire européen Pedro Solbes a indiqué que les investisseurs se tiendraient loin de la Russie aussi longtemps que Moscou n'aura pas réformé notamment son système bancaire, alors que les ministres du G7 se sont contentés de féliciter la Russie pour sa solide croissance économique. M. Solbes a dit que la Russie avait effectué « des progrès remarquables » afin de « restaurer la stabilité et l'équilibre macro-économique », mais que des « problèmes économiques substantiels demeurent ».
Les Sept ont aussi dressé un bilan positif de cinq mois de lutte contre le financement du terrorisme, en rappelant que 100 millions de dollars d'actifs avaient été gelés depuis le 11 septembre.