Bruxelles, 07/02/2002 (Agence Europe) - Suivant son rapporteur, Jorge Moreira da Silva (PPE, portugais), le Parlement européen, invité à se prononcer à titre consultatif sur la ratification par l'UE du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques, a exhorté l'Union à s'acquitter rapidement de cette procédure nécessaire à l'entrée en vigueur du Protocole, et à l'exécution conjointe des engagements qui en découlent pour la Communauté et ses Etats membres. A l'instar de la Commission, il souhaite que le Procotole soit ratifié avant le Sommet mondial du Développement durable (Johannebourg, Afrique du Sud, en septembre prochain).
La résolution adoptée mercredi à Strasbourg à une très large majorité (540 voix pour, 4 voix contre, 10 abstentions) rappelle l'importance de cet accord international qui - bien que moins ambitieux que ne le souhaitait l'Union - contrainte, pour sauver le Protocole, d'accepter le recours aux puits de carbone pour la réalisation des objectifs de réduction de gaz à effet de serre -, permettra au moins de s'attaquer enfin au problème « extrêmement grave » du réchauffement planétaire, en dépit de la défection regrettable du principal pollueur: les Etats-Unis. Le PE rappelle qu'il a posé comme condition préalable à la mise en œuvre des mécanismes de marché (tels que les échanges de permis d'émettre du CO2) l'assurance que priorité sera donnée aux politiques communes et mesures coordonnées, et que les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre couvriront tous les secteurs économiques. A cet égard, le Parlement met en garde les Etats membres contre la tentation de réduire les émissions dans les secteurs de l'industrie et de l'énergie sans toucher aux transports et aux bâtiments civils - une option qui, du point de vue de l'environnement, serait à son avis « trompeuse et économiquement irrationnelle », puisque les occasions manquées de procéder à des transformations technologiques déboucheraient ultérieurement sur « des coûts de réduction nettement supérieurs ». Sans citer le Danemark, qui remet en cause l'objectif trop ambitieux qui lui a été assigné sur la base d'une année de référence où s'il s'était montré très économe, le Parlement rappelle aux Etats membres la nécessité de respecter, sans tenter de le renégocier le partage du fardeau conclu en 1998 pour établir équitablement la contribution de chacun à l'effort collectif requis de l'Union (une réduction de 8% des émissions totales de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012, par rapport au niveau atteint en 1990). « Rien ne justifie que l'on modifie cet accord qui a fixé les engagements relatifs aux émissions pour les Quinze. La traduction de ces engagements relatifs aux niveaux absolus d'émission exprimés en tonnes d'équivalent de dioxydes de carbone devra être réalisée d'ici à 2007 », affirme la résolution. Le Parlement souligne enfin que le Protocole de Kyoto n'est qu'un début et que la Communauté internationale devra, au-delà de 2012, se fixer des objectifs de réduction supplémentaires, nettement plus ambitieux que les 5,2% actuellement visés.