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Bulletin Quotidien Europe N° 8146
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

M. Duisenberg a annoncé qu'il quitterait son poste de Président de la BCE le 9 juillet 2003 mais s'est dit prêt à rester un peu plus longtemps si le Conseil européen le lui demandait

Bruxelles, 07/02/2002 (Agence Europe) - Le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, a fait toute la lumière sur la date de son départ, en annonçant jeudi avoir décidé d'abandonner ses fonctions de président de la BCE, le 9 juillet 2003, le jour de son 68ème anniversaire. Selon un communiqué diffusé par la BCE, M. Duisenberg a fait part de sa décision, par écrit, à José-Maria Aznar, Président du Conseil européen, et à Rodrigo Rato, Président du Conseil Ecofin, et a informé oralement les membres des trois organes de décision de la BCE (le Directoire, le Conseil des gouverneurs et le Conseil général). Le communiqué précise que « sa décision doit être comprise dans le contexte de sa déclaration prononcée lors du Conseil européen du 2 et 3 mai 1998, selon laquelle, étant donné son âge, il ne souhaite pas effectuer toute la durée de son mandat de huit ans » entamé le 1er juin 1998.

Après la réunion du Conseil des gouverneurs de jeudi (voir plus loin), M. Duisenberg a expliqué à la presse qu'il n'était pas question qu'il parte avant juillet de l'année prochaine, mais qu'il n'excluait pas de rester « un peu plus longtemps » si les chefs d'Etat et de gouvernement le lui demandaient, « dans l'intérêt d'assurer une transition souple de la Présidence de la BCE ». Il a ajouté qu'il avait pris cette décision pour trois raisons: - des raisons purement « personnelles » (68 ans est un âge « respectable » pour se retirer, a-t-il dit, avant de préciser qu'il avait consulté préalablement uniquement son épouse) ; - des raisons de transparence ; - et afin de faire taire les rumeurs des médias (« j'ai estimé qu'il serait préjudiciable pour la crédibilité de la BCE et de l'euro » de laisser planer ces incertitudes, a-t-il indiqué).

M. Duisenberg a reconnu que, tout en levant une incertitude, sa décision ne manquerait pas de provoquer des réactions et des spéculations sur l'identité de son successeur et a précisé que cette question n'était pas à l'ordre du jour du Conseil Ecofin de mardi prochain. Selon le gentleman's agreement laborieusement atteint au Sommet de mai 1998 à Bruxelles, le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, devrait succéder au Néerlandais. L'annonce du départ de M. Duisenberg ne semble pas modifier le scénario souhaité par la France, d'autant plus que cela accorde 17 mois à M. Trichet pour sortir « blanchi », de la procédure judiciaire dans laquelle il est impliqué dans l'affaire du Crédit Lyonnais (la justice doit statuer prochainement sur le renvoi ou non du gouverneur de la Banque de France devant le tribunal correctionnel pour « complicité de diffusion de fausses informations au marché et de publication de comptes sociaux inexacts »). Rappelons que, selon le scénario envisagé au départ, M. Duisenberg aurait passer le relais à M. Trichet vers l'été 2002, ce qui aurait permis à la France de « compenser » le départ du Français qui figure parmi les six membres du Directoire de la BCE: le vice-président Christian Noyer, qui doit quitter son poste le 31 mai à minuit.

Le Président Jacques Chirac a pris acte de la décision, en estimant « que le travail accompli par la BCE depuis sa création a été remarquable ».

Le Président Prodi, selon un porte-parole de la Commission européenne, a commenté la décision de M. Duisenberg en notant que ce dernier "est un homme qui tient parole", qu'il a été "un excellent président", et que la Commission continuera à "travailler avec lui" jusqu'au 9 juillet 2003.

Commentaires de députés européens, qui posent le problème de sa succession
et de celle de Christian Noyer

Christa Randzio-Plath, Présidente de la commission économique et monétaire du Parlement européen, a réagi à l'annonce de M. Duisenberg "avec regret, mais avec compréhension". Les raisons fournies pour sa décision montrent "son indépendance", estime-t-elle. Le Conseil européen de Barcelone doit maintenant désigner le successeur du vice-président Christian Noyer, afin qu'il puisse entrer en fonction le 1er juin prochain, affirme la sociale-démocrate allemande, en rappelant que le Parlement entend l'auditionner (comme il l'avait fait avec tous les membres du premier Directoire de la BCE: NDLR).

Quant au libéral démocrate britannique Chris Huhne, il a commenté: "Le meilleur successeur (pour Wim Duisenberg) serait Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque de France. Ceci dépendra de la conclusion de l'enquête sur les pertes du Crédit Lyonnais, et sur sa disculpation, d'ici février de l'année prochaine (...). Une décision sur le successeur de M. Duisenberg, si on veut être réalistes, devrait être prise par le Sommet de l'UE en mars".

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