Bruxelles, 06/02/2002 (Agence Europe) - La réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, dite "Gymnich", qui se tiendra les 8 et 9 février à Caceres dans l'Extremadure, sera consacrée essentiellement aux Balkans (vendredi midi), l'élargissement (vendredi après-midi) et la situation au Proche-Orient (samedi matin). Le président du Conseil, Josep Piqué, compte limiter "autant que possible" le nombre des sujets abordés et se concentrer sur le paquet financier pour l'élargissement présenté par la Commission européenne la semaine dernière. D'autres thèmes, tels que le Zimbabwe par exemple, pourraient toutefois être abordés. La Présidence espagnole n'a pas invité les pays candidats, puisqu'ils seront présents au Sommet de Barcelone, indique Josep Piqué dans sa lettre de présentation. La Commission sera représentée par son président, Romano Prodi, le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen et le Commissaire aux relations extérieures, Chris Patten.
Elargissement: les ministres des Affaires étrangères se prononceront pour la première fois officiellement sur le paquet consacré au financement de l'élargissement et à la politique de cohésion (voir EUROPE du 31 janvier pp.8 à 12). "Nous attendons de cette première discussion ministérielle une vue d'ensemble qui nous permettra d'identifier les nœuds à trancher et les points qui posent problème pour certains Etats membres, ce qui nous permettra de mieux préparer les projets de mandats de négociations sur les chapitres agricoles, politiques régionales et budget qui seront présentés d'ici au mois de mars", commente-t-on à la Commission. Les représentants permanents des Etats membres devaient adopter mercredi dans l'après-midi un rapport essentiellement factuel, faute de pouvoir s'engager à ce stade sur les aspects politiques. Pour l'heure, les délégations nationales se bornent à dire que les documents de la Commission constituent une "bonne base de discussion" et beaucoup craignent qu'aucune discussion de fond ne puissent s'engager avant les élections françaises, en mai, et allemandes, en septembre. Les Pays-Bas ont déjà fait savoir qu'ils souhaitent un engagement clair sur la fin des aides directes agricoles après 2006. Les pays candidats jugent au contraire insuffisantes les propositions agricoles de la Commission (voir EUROPE du 1er février p. 11). La Commission et la Présidence espagnole insistent pour qu'il n'y ait pas d'interférence entre les négociations d'élargissement, qui doivent s'achever fin 2002, et le débat sur la réforme de la PAC et de la politique régionale, qui commenceront en juin (voir EUROPE du 2 février p. 10).
Balkans: les ministres devraient faire le point sur la préparation de la mission civile de l'UE en Bosnie, qui devrait être confirmée par le Conseil le 18 février. Les représentants permanents devaient préciser mercredi le mandat de la mission et son financement. Le budget de cette première mission de police dans le cadre de la PESD est estimé à 40 millions d'euros par an entre 2003 et 2005 et 14 millions en 2002 pour la préparation de la mission, qui commencerait en janvier 2003. Quelque 10 millions d'euros par an pouvant être dégagés dans les crédits PESC, reste à trouver 30 millions d'euros par an. La Présidence espagnole plaide pour que le financement soit pris en compte par le budget communautaire, faute de quoi il serait fourni par les Etats au pro rata de leur participation. Les ministres examineront pour la première fois les propositions de l'Espagne pour l'envoi d'une première mission militaire européenne, qui prendrait le relais de la mission Amber Fox en Macédoine (voir EUROPE du 2 février p. 6).
Proche-Orient: les ministres évoqueront les moyens de sortir le processus de la paix de l'impasse politique. Deux plans sont sur la table: l'Italie plaide pour l'organisation d'une conférence internationale, incluant l'UE, les Etats-Unis et l'ONU; la France milite pour sa part pour la création d'un Etat palestinien et l'organisation d'élections palestiniennes qui confirmeraient la légitimité de l'Autorité palestinienne. Le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, présentera les résultats de ses entretiens à Washington et de ses derniers contacts au Proche-Orient (voir EUROPE du 31 janvier p. 5 et du 6 février p.5).