Bruxelles, 22/01/2002 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances de la zone euro, réunis lundi de 20h à 23h au sein de l'Eurogroupe, ont discuté de manière informelle, sous la Présidence du ministre espagnol de l'Economie, Rodrigo Rato, de quatre sujets: - la situation économique en général et l'équilibre entre politique monétaire et fiscale (« policy-mix ») en Europe (sont intervenus dans ce débat la Commission européenne, la Banque centrale européenne, et le Comité économique et financier) ; - politique budgétaire, sur la base notamment d'un document de la Commission présentant une analyse de l'ensemble des programmes actualisés de stabilité et de convergence des Etats membres ; - analyse d'une étude des évolutions du marché de l'emploi (régimes de préretraite et de prestation sociale) ; - adoption d'une déclaration sur l'introduction des pièces et des billets en euros dans laquelle les ministres se félicitent de la réussite et du succès de cette opération pour les entreprises, commerces et administrations publiques, ainsi que pour les citoyens.
Concernant le débat sur la politique budgétaire, les ministres de l'Eurogroupe ont estimé que la politique budgétaire de l'Allemagne était « correcte », tout en soulignant que la dégradation des comptes publics de ce pays était essentiellement due au ralentissement économique. C'est ce qu'a affirmé M. Rato au nom des pays de la zone euro, faisant le même constat concernant le cas du Portugal. Le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a précisé qu'il n'avait pas été critiqué par ses partenaires au sujet du dérapage des finances publiques de son pays (le déficit public allemand pourrait atteindre 2,7% du PIB en 2002, un chiffre proche du seuil de 3% fixé dans le Traité de Maastricht). M. Rato a poursuivi en disant qu'en aucun cas, « une modification quelconque des politiques budgétaires ne devrait être envisagée ». Interrogé sur l'éventualité d'un avertissement (« early warning ») de la Commission au sujet du déficit public allemand, le Commissaire Pedro Solbes a répondu: « pour l'instant, la Commission n'a pas pris cette initiative ». M. Solbes n'a cependant pas exclu qu'un tel avertissement puisse être lancé. M. Solbes a ajouté au sujet du document de la Commission sur les programmes de stabilité et de convergence que « c'est la première fois que nous menons un exercice de ce type et la première fois que nous travaillons sur la base du code de conduite adopté en juillet dernier, ce qui a permis une meilleure comparabilité des programmes et un traitement plus équitable ». En effet, a-t-il poursuivi, le traitement plus équitable a été rendu possible dans la mesure où les mises à jour des différents programmes pourront être évaluées au cours de deux Conseils Ecofin (janvier et février). Il a conclu que: - le pacte de stabilité a bien fonctionné en 2001 ; - les stabilisateurs automatiques ont joué dans la plupart des pays ; - ces derniers ont résisté à la tentation d'ajuster le cycle économique. Il a estimé aussi que les progrès n'avaient pas été identiques dans tous les pays et que donc « certaines décisions budgétaires doivent encore être mises en œuvre dans certains pays ». « La meilleure situation économique attendue pour 2002 devrait permettre de créer les conditions pour poursuivre le processus d'assainissement budgétaire qui a marqué le pas en 2001 », a indiqué aussi le Commissaire, qui a ajouté que conformément aux informations contenues dans les programmes de stabilité et de convergence, « les déficits structurels devraient s'améliorer au cours de cette année et en 2003 ». Les budgets des Etats membres qui sont encore déficitaires devraient atteindre l'équilibre en 2003 ou 2004, conformément aux engagements pris, a-t-il encore souligné.
L'Eurogroupe et la Commission ont renouvelé leur confiance dans la possibilité d'une reprise économique dès le premier trimestre 2002. « La situation de risque principal de décélération est en train de s'apaiser », a déclaré M. Rato. Selon lui, le « policy mix » retenu jusqu'à présent est « conforme à la situation économique européenne actuelle ». Par conséquent, a-t-il conclu, « les conditions actuelles au niveau monétaire et fiscal sont propices à la perspective de reprise de l'économie européenne ». Pour M. Solbes, « l'économie dans la zone euro montre certains signes de stabilisation. Une reprise graduelle devrait commencer durant le premier trimestre de cette année, mais une réelle accélération n'est pas attendue avant la fin de l'année 2002 ».
Par ailleurs, les ministres se sont félicités du succès de la mise en circulation des pièces et des billets en euros: « trois semaines après l'introduction physique de l'euro, on peut dire que l'opération est complètement bouclée », s'est glorifié M. Rato.
L'Eurogroupe a aussi bouclé une série de discussions et d'échange de bonnes pratiques sur l'évolution des marchés de l'emploi en adoptant les termes du mandat donné à la Commission et au Comité de politique économique pour poursuivre les études dans ce domaine. Les ministres ont estimé que, dans la plupart des pays de la zone euro, des réformes doivent être poursuivies pour améliorer les offres d'emplois et augmenter ainsi le taux d'emploi et contribuer à soutenir les finances publiques dans le contexte des populations vieillissantes. Ils ont noté par ailleurs que des progrès ont été accomplis afin de rendre plus attrayants pour l'emploi les systèmes fiscaux.