Bruxelles, 22/01/2002 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Economie et des Finances, réunis mardi à Bruxelles en Conseil Ecofin, ont adopté lors du déjeuner une déclaration sur la crise en Argentine et ont discuté notamment de la création d'une banque de financement de projets dans les pays de la région méditerranéenne et de la suite de la procédure sur le rapport Lamfalussy.
Dans la déclaration sur l'Argentine, les ministres insistent sur le soutien qu'ils apporteront à toutes les mesures susceptibles de créer les conditions d'une reprise de la croissance économique et du retour à la paix sociale en Argentine. Pour parvenir à cet objectif, le gouvernement et le parlement argentins sont appelés à prendre des mesures visant à déterminer un programme économique d'ensemble « stable, viable et crédible » pour retrouver la confiance des investisseurs nationaux et internationaux. Par ailleurs, ils demandent au gouvernement argentin de ne pas prendre des mesures administratives qui pourraient porter préjudice au secteur financier. Les Quinze ont aussi proposé d'offrir aux autorités argentines une assistance technique pour trouver et mettre en œuvre les politiques monétaire, financière ou en matière de taux de change.
Les ministres sont convenus de demander au Comité économique et financier (CEF) de déterminer la meilleure formule à laquelle pourrait recourir l'UE pour accroître l'efficacité de sa politique de développement en Méditerranée: (1) création d'une nouvelle institution financière (ce qui pose un problème politique important puisque la BEI finance de nombreux projets dans cette région: NDLR) ; (2) utiliser la structure actuelle de la BEI pour que les Quinze puissent financer des projets ; - créer une filiale « Euro-Med » de la BEI ouverte aussi à des pays tiers. La plupart des ministres ont insisté sur le fait qu'il était préférable, à ce titre, de faire jouer un rôle de premier plan à la Banque européenne d'investissement (BEI), a indiqué le Président du Conseil Ecofin, Rodrigo Rato. Précisons que ce sujet, qui a pris une dimension particulière dans le contexte des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, constitue une des priorités de la Présidence espagnole, mais qu'il pose un certain nombre de problèmes notamment sur la définition du champ géographique à retenir. « De toute manière », a ajouté M. Rato, « il y a un message politique qui est lancé: c'est que l'Europe a un intérêt légitime et marqué pour le développement de cette région grâce au renforcement des secteurs privés compétitifs et puissants des Etats riverains du pourtour méditerranéen, le secteur privé étant le ciment de la cohésion économique et un élément politique important ».
Toujours lors du déjeuner, le Commissaire Frits Bolkestein a donné des informations aux ministres sur la situation actuelle au sujet du marché des titres européens (rapport Lamfalussy). « Nous espérons boucler cette question avec le Parlement lors de la première quinzaine de février » (voir aussi autre nouvelle, p. 13). Par ailleurs, en commentant le programme de travail de la Présidence, il a dit que la Commission se félicitait du fait que la Présidence soit « déterminée à maintenir l'élan pour la mise en œuvre du plan d'action en matière de capital-risque et des services financiers ». Il a aussi salué la volonté d'adopter d'ici le mois de juin les directives sur les abus de marchés et les normes comptables internationales, et de trouver un accord politique au sujet des propositions sur les fonds de pension supplémentaires, les notes d'information et les conglomérats financiers. Enfin, M. Bolkestein a fait le point sur l'état des négociations que la Commission mène avec les pays tiers au sujet de la fiscalité du revenu de l'épargne. A part une réunion avec Saint Marin, les négociations n'ont pas réellement avancé depuis le mois de décembre.