Bruxelles, 22/01/2002 (Agence Europe) - La conférence internationale des donateurs pour l'Afghanistan s'est achevée, mardi à Tokyo, sur un succès conforme aux espérances nourries par l'autorité afghane intérimaire pour la reconstruction à moyen terme de son pays. Le plan d'aide, adopté par la conférence sur la base des promesses de dons de 61 pays et 21 organisations internationales, peut compter sur plus de 4,5 milliards de dollars US sur cinq ans , dont environ 1,8 milliard pour la seule année 2002, conditionnés toutefois à « la contribution positive de toutes les parties afghanes au processus de Bonn qui est d'établir la paix, un gouvernement représentatif, la stabilité de l'Afghanistan et l'élimination du terrorisme, de la production et du trafic de narcotiques ». L'Union européenne a largement contribué à ce succès.
Avec une promesse d'engagement de 600 millions d'euros (546 millions de dollars) pour 2002 , dont 400 millions à la charge des Etats membres et 200 millions prélevés sur le budget communautaire, l'Union européenne assurera à elle seule plus de 30 % des besoins estimés et des promesses de dons cumulées de la communauté internationale pour l'année en cours.
Outre cette promesse ambitieuse de mobilisation de fonds à court terme, l'UE a traduit son engagement en faveur d'une reconstruction à plus long terme de l'Afghanistan en totalisant - addition faite des contributions volontaires rendues publiques respectivement par les Etats membres à titre individuel et par la Communauté européenne - près de 2,3 milliards d'euros (2,1 milliards de dollars) sur cinq ans (2002-2006).
Cette contribution substantielle, qui représente 23% du montant total des fonds requis par l'ensemble de la communauté internationale (5 milliards de dollars sur les 2,5 premières années, entre 9 et 12 milliards sur 5 ans et l5 milliards sur dix ans, selon l'estimation liminaire des besoins réalisée par la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement et la banque asiatique de développement) et plus de 45% du total des promesses de dons, ferait de l'UE le premier contributeur à l'effort collectif de reconstruction de l'Afghanistan. Cet engagement financier à moyen terme est proche des ambitions initiales de la Commission européenne désireuse que l'UE assume le quart de l'effort international, à parts égales avec les trois autres membres du comité directeur des donateurs pour l'Afghanistan (Etats-Unis, Japon, Arabie Saoudite) qui, avec l'Union, coprésidaient la conférence. Pour être effectif, il devra toutefois recevoir l'aval de l'autorité budgétaire de chacun des Etats membres et de la Communauté européenne (le Parlement et le Conseil). Or l'on connaît les réticences de certains Etats membres à prendre dès à présent des engagements pluriannuels, dans le même ordre de grandeur que l'effort consenti pour 2002.
Interrogé sur le contrôle qui serait exercé sur l'utilisation des fonds en Afghanistan, le porte-parole de Chris Patten, Commissaire européen aux Relations extérieures, a précisé mardi à la presse qu'une partie des fonds, versés dans le Fonds des Nations unies (Trust Fund), serait administrée par la Banque mondiale, et que par ailleurs, le Bureau de représentation qu'ouvrira la Commission européenne à Kaboul dès le mois prochain suivra de près la mise en oeuvre de projets.