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Bulletin Quotidien Europe N° 8134
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

Les capacités actuelles de la PESD ne permettent pas encore d'envisager des opérations de type militaire, a confirmé le président du comité militaire devant le Parlement

Bruxelles, 22/01/2002 (Agence Europe) - Au vu des capacités militaires actuelles, il sera « difficile de mener des opérations de type militaire » dans le cadre des « tâches de Petersberg » définissant les activités européennes de maintien de la paix et de gestion des conflits, a reconnu le président du comité militaire de l'UE, le général Gustav Hägglund, en s'exprimant mardi, pour la première fois depuis sa nomination, devant la commission des affaires étrangères et de la défense du Parlement européen. L'UE dispose actuellement de 90% des capacités définies dans le catalogue de capacité, le « Head Line Goals » de 1999, ce qui a permis au Sommet de Laeken de déclarer la force d'intervention européenne « opérationnelle », même si « nous n'avons pas la possibilité de conduire toutes les opérations telles que définies à Petersberg », a-t-il précisé. Les décisions d'action se prendront de toute façon « au cas par cas », a-t-il ajouté, en soulignant que le catalogue de capacité n'est pas une « bible » qui doit être suivie à la lettre. Le général a remarqué au passage que les interventions se feront sur la base de « décisions politiques » et que ces décisions peuvent même « ne pas être prises », dans la mesure où dans son pays en Finlande par exemple, on insiste pour que les décisions d'intervention se prennent sur la base d'un mandat de l'ONU.

Tout en soulignant les progrès accomplis dans l'intégration des aspects militaires de la PESC durant l'année 2001, le président du comité militaire s'est refusé à tout optimisme. Ainsi, répondant aux inquiétudes des députés, le général a reconnu qu'il faudra en effet « dix ans pour combler certaines lacunes » comme pour le transport de troupes, puisque l'airbus 400 par exemple ne sera disponible qu'entre 2008 et 2011. Il a aussi convenu avec Mme Nicholson (ELDR) que l'intelligence et le renseignement, en particulier par le biais de système satellite, reste le « déficit le plus important, car s'il faut envoyer des soldats dans un environnement hostile, il faut pouvoir disposer rapidement de l'information ». Le général Hagglund est aussi allé dans le sens de la vice-présidente du Parlement, la socialiste française Catherine Lalumière, en reconnaissant que « pour lui aussi, qui est nouveau dans le système», la répartition des tâches entre le Comité militaire, le Comité politique, le secrétaire général du Conseil etc. « paraît confuse ». « Il n'y a pas de chaîne de commandement clair et l'organisation semble flotter », a-t-il reconnu en ajoutant: « Je crains qu'il y ait en cours des luttes intestines de pouvoir pour savoir qui fait quoi ».

Le président du Comité militaire s'est refusé en revanche à commenter les discussions en cours concernant le financement de la politique extérieure et de défense commune, une question « politiquement sensible » qui doit être tranchée par le comité des représentants permanents. Interrogé notamment par le général Philippe Morillon sur l'état des négociations avec la Turquie, qui bloquait un accord avec l'OTAN sur l'utilisation de ces capacités de commandement, le général Hägglund, a rappelé que « tout dépend actuellement de l'UE », sans préciser la position actuelle de la Grèce qui s'opposait à l'accord conclu à la fin de 2001, par l'entremise des Etats-Unis et du Royaume-Uni. La PESD pourrait suivre son cours sur la base « d'abstention constructive », a avancé le général en ajoutant qu'il espère qu'il « sera plus facile d'adopter des décisions en cas de crise qu'en cas de paix ». Le général a indiqué par ailleurs qu'une intervention de la force d'action européenne en Afghanistan n'est pas envisagée pour le moment, mais qu'une « coordination des efforts des Etats membres est indispensable pour éviter tous chevauchements ».

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