Bruxelles, 21/01/2002 (Agence Europe) - Pendant le colloque organisé par l'association "Réalités européennes du présent" sur les perspectives de l'UE à la suite du Sommet de Laeken, les parlementaires européens Jo Leinen et Pierre Jonckheer se sont exprimés de manière partiellement différente. Pour M. Leinen, après la déception de Nice, Laeken a représenté le retour de l'espoir: la Convention est autorisée à discuter tous les aspects de l'avenir de l'Europe, le mot "Constitution" figure dans la déclaration de Laeken, "l'Europe des gouvernements" est dépassée et on ne reviendra plus en arrière. La "Charte des droits fondamentaux" permettra aux citoyens de s'identifier aux travaux de la Convention et la structure du Traité en "trois piliers" pourra être dépassée. Maintenant que le succès de l'euro est acquis, le momentum est favorable pour réaliser les réformes dont l'UE a besoin et notamment: la création d'un "monsieur euro" (qui doit être un Commissaire européen), la généralisation des décisions à la majorité, la fin de la rotation semestrielle de la Présidence du Conseil, la décision d'élire le président de la Commission (par le Parlement européen ou directement par les peuples).
M. Jonckheer a partagé dans l'ensemble les objectifs de son collègue mais il a invité à la prudence car rien n'est acquis. Il a indiqué deux points, à son avis, insatisfaisants de la déclaration de Laeken (la Convention n'a pas été autorisée à désigner elle-même son président; dans la composition de la Convention, le nombre de parlementaires européens est insuffisant) et il a estimé indispensable que le Parlement européen soit associé le moment venu aux travaux post-Convention (rien n'est prévu à ce sujet). Quant au déroulement des travaux de la Convention, M. Jonckheer craint que les divergences sur l'Europe du futur, évidents entre les quinze gouvernements, se reproduiront entre les représentants des parlements nationaux, en rendant problématique la définition d'orientations consensuelles ou largement majoritaires, susceptibles d'influencer ensuite les travaux de la Conférence intergouvernementale (CIG) qui prendra les décisions finales. M. Jonckheer estime par ailleurs que les évolutions politiques dans certains Etats membres (Autriche, Danemark, Italie) ne vont pas dans le sens souhaité.
Les travaux du colloque ont été présidés par le président de "Réalités européennes du présent", M. Hartmut Marhold, et le président d'honneur M. Jean-Pierre Gouzy a présenté une vue d'ensemble du "nouvel environnement mondial", qui influencera inévitablement l'évolution de l'UE.