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Bulletin Quotidien Europe N° 8133
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc

121 ONG mettent en cause la légitimité de la Déclaration de Doha

Bruxelles, 21/01/2002 (Agence Europe) - Après une évaluation exhaustive du résultat de la IVème conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une centaine d'associations représentant la société civile à travers le monde a lancé une attaque en règle contre la légitimité de la Déclaration de Doha, issue d'un « processus scandaleux de manipulation » et « de discrimination » qui est « totalement inacceptable pour une organisation internationale ».

Ce résultat, baptisé « agenda de développement » ou encore « Cycle de développement », vise en réalité « tout sauf le développement » , estiment les 121 ONG signataires dans la déclaration commune qu'elles ont publiée la semaine dernière. La preuve en est, poursuivent-elles, que le programme de travail couvre les quatre questions dites de Singapour (investissement, concurrence, transparence des marchés publics, facilitation du commerce), dont un grand nombre de pays en développement, ainsi que des milliers d'ONG et de mouvements sociaux ne voulaient pas entendre parler ; ce qui portera l'OMC d'ici deux ans « vers un désastre de grande envergure en termes de développement, dans la mesure où les accords envisagés pourraient faire obstacle à de nombreuses politiques et possibilités de développement, entraînant une recolonisation et conférant un pouvoir sans précédent aux multinationales aux dépens de la souveraineté, des droits et besoins des populations », estiment-elles.

Les ONG dont ATTAC, Via Campesina, les Amis de la Terre, Focus, Public Citizens,Third World Network, etc., dénoncent aussi le fait que la Déclaration de Doha: n'intègre aucun progrès significatif sur les « immenses » problèmes de mise en oeuvre rencontrés par les pays en développement dès lors voués à « s'intensifier », qu'elle ne comporte aucun engagement « réel » en faveur du concept de souveraineté alimentaire (réduction des soutiens directs et indirects à l'exportation, ainsi que du dumping sur les aliments exportés à des prix artificiellement bas vers les pays en développement), qu'elle « ne résout en rien les problèmes liés à l'impact négatif » de l'ADPIC (Accord sur les droits de propriété intellectuelle touchant au commerce), y compris le piratage du vivant et le respect des droits de base des consommateurs, en dépit de la déclaration sur l'accès aux médicaments « qui n'apporte pas de renfort juridique au droit des pays à prendre des mesures de santé publique, et, entre autres, qu'elle facilite la libéralisation et la privatisation des ressources naturelles, au détriment du droit des peuples à accéder à l'eau et autres ressources naturelles.

A leurs yeux, ce résultat « désastreux » est le fruit d'un processus de « manipulation et de discrimination », qui a occulté l'opposition « claire » d'un « large nombre de pays en développement à des négociations sur les nouveaux sujets» cités plus haut et sur les barrières tarifaires industrielles, ainsi qu'à l'établissement du Comité de négociations commerciales (qui entamera ses travaux lundi prochain à Genève: NDLR) et à « l'engagement unique », en vertu duquel rien n'est acquis tant qu'il n'y a pas d'accord sur tous les points à l'Agenda. Et de stigmatiser la « façade » de transparence que l'OMC et les tenants du nouveau Cycle ont maintenue, avant et à Doha, la combinaison de « carottes et bâtons » dont ont fait usage les pays développés pour faire plier les plus réticents parmi les pays en développement, la tenue d'une session de la dernière chance en « Salle Verte », restreinte à 24 pays selectionnés on ne sait trop « pourquoi, ni par qui », etc. « Nous condamnons ces méthodes et processus opaques, discriminatoires et … arbitraires », présidés par le Directeur général de l'OMC ainsi que son Secrétariat général, et menés par les principaux pays développés », souligne la déclaration, qui revient en guise de conclusion sur le credo des altermondialistes, à savoir: « le monde n'est pas à vendre ».

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