Bruxelles, 12/12/2001 (Agence Europe) - Le Sommet Social européen se tiendra jeudi 13 décembre de 16h à 18h30 à Laeken. Son objectif est d'évaluer l'évolution du dialogue social européen depuis sa création en 1985 et de donner le coup d'envoi sur le rôle des partenaires sociaux européens à l'avenir dans la gouvernance européenne. Le format de ce Sommet sera le même que celui de Stockholm le 22 mars 2001, à savoir qu'il réunira les représentants des partenaires sociaux européens à haut niveau (UNICE/UEAPME pour le patronat, CES pour les syndicats, CEEP pour les entreprises publiques), la Commission avec son président Romano Prodi et la Commissaire aux Affaires sociales Anna Diamantopoulou, et la "Troïka" présidentielle du Conseil (les Premiers ministres belge Guy Verhofstadt, espagnol José Maria Aznar et danois Anders Fogh Rasmussen accompagnés de leurs ministres de l'Emploi et des Affaires sociales). A 16h30, les partenaires sociaux européens remettront à M. Verhofstadt leur "Contribution commune au Conseil européen de Laeken".
Les partenaires sociaux européens demandent à être associés, comme observateurs, à la Convention qui préparera la prochaine révision du traité et de pouvoir, en temps opportun, exprimer leur point de vue sur les sujets qui concernent les entreprises et les salariés. Ils insistent sur l'importance de distinguer trois types d'activités différentes qui les impliquent: a) la concertation tripartite qui désigne les échanges entre partenaires sociaux et autorités publiques européennes; b) la consultation des partenaires sociaux: pour désigner les activités des comités consultatifs et les consultations officielles dans l'esprit de l'art.137 du Traité; c) le dialogue social qui désigne les travaux bipartites des partenaires sociaux découlant ou non des consultations officielles de la Commission basées sur les art.137 et 138 du Traité. Cette distinction devrait être dès à présent promue dans les pays candidats à l'adhésion où la confusion entre concertation tripartite et dialogue social bipartite nuit au développement d'un dialogue social autonome. Les partenaires sociaux soulignent la nécessité de mieux articuler la concertation tripartite sur les différents aspects de la stratégie de Lisbonne. Ils proposent de remplacer le comité permanent de l'emploi par un comité de concertation tripartite pour la croissance et l'emploi qui serait le lieu de la concertation entre les partenaires sociaux et les autorités publiques pour l'ensemble de la stratégie européenne définie à Lisbonne et qui examinerait l'ensemble de la stratégie communautaire économique et sociale avant le Conseil européen de printemps. Les partenaires sociaux discuteront des mesures concrètes à mettre en oeuvre pour mieux organiser les travaux du dialogue social dans un programme de travail défini par un Sommet du dialogue social et attirent l'attention des autorités publiques européennes sur le besoin urgent de développer, avec leur aide, un véritable programme intégré d'assistance technique aux partenaires sociaux des pays candidats. Ils associeront les organisations d'employeurs et de syndicats de salariés des pays candidats à l'élaboration des propositions qu'ils feront pendant la Présidence danoise de l'Union européenne.
Ces objectifs ont été salués tant par le président Prodi pour qui "les partenaires sociaux ont un rôle moteur et nouveau à jouer dans la promotion d'une Union européenne compétitive" que par la Commissaire Anna Diamantopoulou qui a une fois encore insisté sur le fait qu' "il existe de nombreux secteurs dans lesquels un dialogue social réussi a apporté une plus-value à la gestion des mutations économiques et sociales".