Bruxelles, 24/10/2001 (Agence Europe) - Alors que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) amorce la phase finale des préparatifs pour le rendez-vous ministériel de Doha, l'Union pense maintenant partager avec le reste de la communauté internationale le même sentiment que cette Conférence se soldera par un succès, a indiqué mercredi le Directeur général pour le Commerce de la Commission européenne Mogens Peter Carl. Nous nous approchons de notre but qui est de faire figurer à l'ordre du jour des questions comme l'environnement, le social, la concurrence, l'investissement, a-t-on précisé de source européenne.
Cet optimisme tient notamment au fait qu'une « nouvelle dynamique » est palpable et que le processus apparaît aux yeux de tous comme étant «irréversible », et au réchauffement très conséquent de l'atmosphère au sein du couple transatlantique. « C'est le jour et la nuit », souligne-t-on à Bruxelles, où l'on parle aujourd'hui d'une « très forte convergence des principes pour la vaste majorité des sujets de négociation et, en termes de substance, sur un grand nombre » d'entre eux. Néanmoins, il reste « bien évidemment » quelques questions pour le moins « épineuses » à régler, a-t-on rappelé. Entre autres, les Européens « veulent que l'OMC soutienne fortement l'activité naissante au sein de l'Organisation Internationale du Travail en matière de normes sociales » et que la déclaration ministérielle se réfère au « développement social » vocable dont la simple évocation hérisse encore certains pays en développement. Il reste aussi à trouver un terrain d'entente sur l'agriculture (notamment, l'objectif des négociations sur les subventions à l'exportation et la place à réserver aux préoccupations non commerciales), ainsi que sur le lien à établir entre commerce et environnement et sur la centaine de problèmes auxquels sont confrontés la plupart des PVD dans la mise en oeuvre des accords issus du précédent cycle. Pour la moitié de ces demandes, il s'agit « d'interpréter les règles (existantes) de manière plus favorable aux PVD » - et leurs interlocuteurs sont prêts à y répondre. Mais les autres demandes, notamment celles, « très fermes, de l'Inde » concernant l'antidumping, nécessitent une « modification formelle de ces règles et de nos propres règles », ce qui n'est pas possible à brève échéance, même si la volonté existe du côté européen, a-t-on précisé, en résumant: « Nous avons déjà beaucoup progressé sur ce qui était faisable et nous verrons à Doha ce que nous pouvons faire - le maximum ». Et de souligner qu'il s'agit de concessions aux PVD, dont certains, comme l'Inde, ne montrent par ailleurs « pas beaucoup de flexibilité sur les nouveaux sujets ». Cela étant, l'équipe européenne table pour l'heure sur un cycle court, un cycle qui serait finalisé dans les trois ans.