Strasbourg, 23/10/2001 (Agence Europe) - En présentant devant le Parlement européen, lundi soir à Strasbourg, une déclaration de la Commission européenne sur les conséquences des événements récents sur la sécurité des transports aériens et des sites industriels, y compris les centrales nucléaires, le Commissaire Antonio Vitorino a rappelé que la Commission a lancé une évaluation de la sécurité dans le transport aérien immédiatement après les attentats du 11 septembre. Elle a proposé que des experts des Etats membres puissent procéder à des inspections dans les aéroports d'autres pays, mais les Etats membres se sont jusqu'à présent montrés réticents et seuls deux d'entre eux ont fait des propositions en ce sens. Rappelant qu'elle a aussi adopté le 10 octobre une proposition de règlement établissant des normes de sécurité communes dans le transport aérien et conférant des pouvoirs d'inspection à la Commission, il a espéré que ce texte pourra être approuvé en codécision dès la première lecture. M. Vitorino a aussi souligné la nécessité d'une meilleure coordination avec les Etats-Unis à la fois pour coopérer à un renforcement de la sécurité et éviter l'adoption de mesures qui pénaliseraient les compagnies européennes. Tout en soulignant que les Etats membres ont pris des dispositions spécifiques pour renforcer la sécurité de ces installations, M. Vitorino a reconnu les risques que posent les centrales nucléaires mais aussi les usines du secteur chimique ou les infrastructures de gaz naturel et autres barrages hydro-électriques. Il a rappelé qu'une réévaluation du risque est en cours au niveau d'Euratom et que la sécurité des autres installations relève de la compétence exclusive des Etats membres.
Le conservateur britannique Giles Chichester et la travailliste britannique Eryl McNally ont plaidé pour une prise en compte des risques liés au terrorisme dans une révision des mesures de sécurité. Mme McNally a dit que « les citoyens européens doivent savoir que nous faisons tout ce qui est possible » pour garantir leur sécurité. La verte française Marie-Anne Isler Béguin a souligné que la France a déployé des missiles sol-air sur le site de l'usine de La Hague et, en s'exclamant que: « les centrales, même les plus épaisses, ne résisteront pas à un crash », elle a dit que cela venait confirmer les inquiétudes exprimées depuis longtemps par les verts. La communiste française Sylviane Ainardi a insisté sur la nécessité de fermer le cockpit et d'installer un réseau vidéo permettant aux pilotes de suivre les mouvements à proximité de la cabine de pilotage durant le vol. Elle s'est aussi déclarée choquée par les déclarations récentes selon lesquelles il n'y aurait pas de place en Europe pour plus de 3 à 4 compagnies, ce qui revient à encourager les fusions et les restructurations, et elle a demandé que tout soit mis en œuvre pour soutenir les compagnies aériennes et éviter tout licenciement. « Les gens ont peur de prendre l'avion », a constaté le Grec Konstantinos Hatzidakis (Nea Demokratia) en réclamant lui aussi des mesures urgentes pour renforcer la sécurité dans le transport aérien.