Luxembourg, 09/10/2001 (Agence Europe) - L'UE et le Maroc ont fait le point, mardi à Luxembourg, sur l'ensemble des dossiers politiques et économiques de leur coopération. Présentant à la presse les résultats de cette deuxième réunion du Conseil d'association UE/Maroc, la secrétaire d'Etat belge aux Affaires étrangères Annemie Neyts s'est félicitée des bonnes relations entre les deux partenaires et a rappelé que le Maroc participera prochainement à plusieurs rendez-vous importants comme la conférence ministérielle sur les migrations organisée par la Présidence belge les 16 et 17 octobre à Bruxelles. Un document du Conseil souligne aussi que « l'UE sait que, une fois de plus, elle pourra compter sur la participation active du Maroc » lors de la Conférence ministérielle euroméditerranéenne des 5 et 6 novembre à Bruxelles. Ce document, approuvé par le Conseil Affaires générales de la veille, précise que l'UE se félicite des vastes chantiers de réformes engagés au cours des dernières années et encourage le Maroc à poursuivre dans cette voie. Il cite en particulier les réformes administratives, de l'éducation et de la fiscalité, qui peuvent contribuer à améliorer la compétitivité du pays et à attirer davantage d'investissements. Lors de la conférence de presse, le Secrétaire d'Etat marocain aux Affaires étrangères, Tayeb Fassi-Fihri, a réaffirmé que les relations avec l'UE constituent pour le Maroc un «axe stratégique», et que son pays souhaite « partager davantage de valeurs et de savoir-faire avec l'UE », dans la perspective d'un « rapprochement de nos économies et de nos sociétés ». Parmi les sujets évoqués à Luxembourg figuraient notamment:
le terrorisme: Mme Neyts a indiqué aux journalistes que « la lutte commune contre le terrorisme » avait été abordée en même temps que les efforts pour prévenir ou éteindre les conflits qui le nourrissent, même s'ils ne peuvent leur servir de justification. M. Fassi-Fihri a rappelé que le Maroc avait été l'un des premiers pays à manifester sa solidarité et sa disponibilité à contribuer aux efforts diplomatiques, financiers (gel des avoirs) et en matière d'échange d'informations nécessaires à la lutte internationale contre le terrorisme. Il a également réaffirmé «notre attachement à une conduite maîtrisée et ciblée des opérations en cours » sur le plan militaire. Et d'ajouter: « Cette question (de la lutte contre le terrorisme: NdlR) ne doit en aucune manière occulter la nécessité de trouver une solution définitive globale à la crise au Moyen-Orient et à la question palestinienne ».
l'immigration: tout en rappelant que deux millions de Marocains sont légalement installés dans l'UE, M. Fassi-Fihri a souhaité que l'Union et le Maroc puissent « s'organiser pour gérer au mieux le phénomène de l'immigration clandestine ». Il a souligné que les clandestins sont aussi pour une bonne part des personnes d'origine subsaharienne dont les tentatives de traversée souvent tragiques s'expliquent par le confort économique qu'offre l'UE (il a rappelé que « la différence de revenu par tête est de 1 à 10, à une distance de 14 km »). Le Maroc seul ne peut intervenir de façon totalement efficace, a-t-il dit, en souhaitant un partage de responsabilité avec l'UE dans le contexte d'une « approche globale » permettant de gérer les flux tout en respectant les accords bilatéraux avec certains Etats membres et en satisfaisant aux besoins européens de main-d'œuvre. «Le Maroc en discute sans complexe aucun et sans tabou », a-t-il ajouté.
l'agriculture: l'UE et le Maroc espèrent ouvrir les négociations sur une plus grande libéralisation des échanges agricoles au début de 2002 et, si possible, les faire aboutir avant la fin de l'année. «Nous avons été sages en réglant le problème des tomates pour une campagne », a dit M. Fassi-Fihri, en espérant que cette question pourra être réglée de manière définitive dans ces négociations et en affirmant que la part de marché des tomates marocaines est «insignifiante ».