Luxembourg, 09/10/2001 (Agence Europe) - Présentant à la presse, lundi soir, les résultats du Conseil Affaires générales, Louis Michel a déclaré: « Nous avons consacré du temps à la riposte américaine et à l'Afghanistan mais nous avons aussi longuement discuté des nombreux autres sujets à l'ordre du jour » et, après avoir résumé les conclusions sur l'Afghanistan (voir EUROPE d'hier, pages 5 à 7), il a souligné les progrès réalisés dans la préparation de la future réforme institutionnelle. M. Michel s'est aussi félicité du respect de la feuille de route pour les négociations d'adhésion, et a dit que le Commissaire Verheugen s'était montré confiant malgré les résultats des dernières élections en Pologne. Interrogé sur le rôle attribué à l'ex-roi d'Afghanistan Zaher Shah, dans « l'après-taliban », selon le plan proposé par la France, il a estimé qu'il ne serait « pas crédible que nous adoptions un scénario maintenant ». En réponse à une question sur l'attitude de l'Union si les Etats-Unis venaient, comme ils l'ont laissé entendre, à frapper d'autres pays liés au terrorisme, M. Michel a répondu que l'UE sera « cohérente » avec elle-même, et le Commissaire Chris Patten a dit qu'il faut s'en tenir à la réalité et ne pas se lancer dans des scénarios hypothétiques.
Dans ses conclusions sur les Balkans occidentaux, le Conseil lance un appel au Parlement de l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) pour qu'il approuve dans les plus brefs délais toutes les dispositions constitutionnelles et législatives de l'Accord-cadre du 13 août, et au gouvernement pour qu'il trouve une solution efficace au problème de l'amnistie des rebelles et assure que le processus de retour des forces de sécurité dans les zones contrôlées par les rebelles soit coordonné avec les représentants de la communauté internationale. Le Conseil a répété que l'UE reste déterminée à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre de cet accord. Il a pris note de la proposition de la Commission visant à étendre la compétence géographique de l'Agence européenne pour la reconstruction à l'ARYM (que le PE a approuvé la semaine dernière) et est convenu de se déterminer rapidement sur cette proposition, tout en soulignant que l'assistance de l'UE est liée à la conclusion satisfaisante du processus de révision constitutionnelle. Dans ces conditions, le Conseil constate que les conditions pour la convocation d'une réunion des donateurs ne sont pas encore remplies. En outre, il: - rappelle l'importance d'une participation massive de toutes les communautés au scrutin du 17 novembre au Kosovo; - insiste en faveur d'une pleine mise en œuvre du plan Covic pour le sud de la Serbie et d'un dialogue constructif et substantiel entre la Serbie et le Monténégro sur de nouveaux arrangements acceptables pour toutes les parties sur les relations entre les composantes de la Fédération. Le Conseil a aussi approuvé: - le mandat de la « Task force consultative UE-Albanie »; - une position commune afin de lever l'interdiction de fournir à la RFY du matériel susceptible d'être utilisé à des fins de répression interne ou de terrorisme (imposée par une position commune de 1998).
Le Conseil a aussi adopté des conclusions sur l'Erythrée (voir plus loin) et sur la région des Grands lacs africains et le Zimbabwe (EUROPE y reviendra). Les ministres ont eu un échange de vues avec le Commissaire Pascal Lamy sur la préparation de la conférence ministérielle de l'OMC à Doha et la communication de la Commission sur la promotion des normes fondamentales du travail dans le contexte de la mondialisation (voir EUROPE du 5 octobre, p. 5); le Conseil poursuivra ses travaux les 29 et 30 octobre. Un autre échange de vues concernait la situation de la construction navale et la proposition sur un mécanisme de défense temporaire face au dumping sud-coréen. Devant la presse, M. Lamy a indiqué que le Luxembourg et l'Irlande ont rallié l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie dans le camp des pays favorables à l'autorisation de certaines aides aux chantiers européens, mais que la situation n'a guère évolué depuis juillet dernier. Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Danemark et Finlande continuent de s'y opposer, la France n'y est pas très favorable mais n'a, comme d'autres Etats membres, pas pris de position définitive. Le Conseil a chargé le Coreper de poursuivre l'examen technique du dossier.
Enfin, le Danemark a indiqué qu'il renoncera, lors de sa Présidence (deuxième semestre 2002), à son droit d'exercer la présidence sur les affaires ayant des implications en matière de défense. La présidence sera dans ces cas assurée par la Grèce.