Bruxelles, 12/09/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté comme prévu ce mercredi son "Livre Blanc" sur l'avenir des transports en Europe d'ici à 2010 (voir EUROPE d'hier, p. 8, pour les détails). "Recentrer la politique européenne des transports sur les demandes et besoins des citoyens, telle est l'ambition de la Commission européenne pour les dix prochaines années", commente-t-elle dans un communiqué, en insistant sur certains aspects de son volumineux document: la promotion des droits des passagers, le renforcement de la sécurité, la qualité du transport, ou la réalisation des grandes infrastructures. Elle confirme que l'objectif est de rééquilibrer les modes de transports, "grâce à une politique active de revitalisation du rail, la promotion des transports maritime et fluvial et le développement de l'intermodalité", car, si rien n'est fait pour lutter contre la congestion, "l'Europe se trouvera rapidement menacée d'apoplexie au centre et de paralysie aux extrémités".
"L'Union européenne doit répondre aux attentes des Européens et concilier des exigences parfois contradictoires pour contribuer au développement économique tout en renforçant notre qualité de vie. Les citoyens méritent un système de transports performant qui garantisse la qualité et la sécurité: le Livre blanc en pose les fondements grâce à une utilisation plus imaginative et rationnelle des différents moyens de transports et des infrastructures", a déclaré dans le communiqué la Commissaire aux transports, Loyola de Palacio, qui a dû annuler sa conférence de presse en raison des événements aux Etats-Unis.
Le Livre blanc est disponible sur Internet, en anglais, français et allemand: http: //http://www.europa.eu.int/ comm/energy_transport/en/lb_en.html. EUROPE publiera demain, dans sa série EUROPE/Documents, le "programme d'action" annexé au Livre blanc.
"Oui, mais" du secteur routier
Dans un communiqué, l'Union internationale des transports routiers "soutient le diagnostic réaliste" du Livre Blanc, mais "s'interroge sur la prescription". Selon les routiers, les mesures politiques proposées ne se fondent pas suffisamment sur trois principes: l'innovation dans les domaines de la technologie et de la gestion, les incitations en faveur de solutions innovantes, et la réalisation de nouvelles infrastructures. En particulier, l'IRU estime qu'il "sera pratiquement impossible de répondre à la croissance prévue de la demande si les investissements consentis dans l'infrastructure sont faussés par des subventions croisées", entre la route et le rail, comme le prévoit la Commission. Dans la même ligne, la Fédération nationale française des transports routiers a publié un communiqué affirmant qu'elle ne s'opposera pas aux augmentations de charges destinée à désengorger les routes et rééquilibrer les modes de transports. Mais "la FNTR veillera à ce qu'aucun alourdissement de charges ne soit imposé aux entreprises de transports routiers aux seules fins de financer les dysfonctionnements d'autres modes". En effet, poursuit la FNTR, "il n'est pas question que la route finance par exemple, l'improductivité, la non-qualité ou les interruptions de service du chemin de fer et encore moins la réduction de la durée du travail de l'exploitant ferroviaire".