Bruxelles, 12/09/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté ce mercredi son "paquet emploi" annuel, dont Anna Diamantopoulou a présenté le même jour les résultats à la commission Emploi et Affaires sociales du PE (voir EUROPE du 10-11 septembre, p.13). La Commissaire a souligné que les prévisions en la matière étaient "moins optimistes que par le passé", que le retard de la croissance aux Etats-Unis et "les événements récents devraient nous faire redoubler nos efforts pour l'emploi" et que "l'un des problèmes les plus graves auxquels nous devons faire face dans l'avenir immédiat est le chômage des jeunes actifs, qui se situe à 16,3%".
Le rapport conjoint sur l'emploi, a dit Anna Diamantopoulou, constitue une "analyse complète de la mise en application des lignes directrices en 2000 et d'un suivi des objectifs horizontaux". Et elle a constaté: "très peu d'Etats membres ont réagi à la nécessité de fixer des objectifs nationaux pour l'emploi. Seuls sept pays l'ont fait: Danemark, Italie et Royaume-Uni pour l'horizon 2010, Finlande, Grèce et Suède pour 2005, et France pour 2001. Seuls quatre pays l'ont fait pour l'emploi des femmes, à savoir Pays-Bas et Royaume-Uni pour 2010, Portugal pour 2003 et France pour 2001".
En ce qui concerne les recommandations aux différents Etats membres, Anna Diamantopoulou a indiqué les thèmes sur lesquels elles portent:
1. Politiques actives et préventives de lutte contre le chômage des jeunes et le chômage de longue durée: des progrès doivent être réalisés par Belgique, Danemark, Grèce, Espagne, France et Italie pour garantir un nouveau départ à chaque jeune et chaque adulte pendant respectivement les 6 et 12 premiers mois de leur période de chômage (un objectif fixé pour 2002 par le Sommet sur l'emploi de Luxembourg, en 1997). En Espagne et Italie, cette question est liée à la nécessaire modernisation des services publics de l'emploi. Quant à Danemark, Suède et Royaume-Uni, ils doivent redoubler d'efforts pour que leurs politiques actives du marché de l'emploi garantissent une réinsertion professionnelle plus efficace des chômeurs de longue durée.
2. Augmentation de l'offre de main-d'oeuvre et taux d'activité: les recommandations (onze au total: Belgique, Allemagne, Danemark, Grèce, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Suède) sont axées en particulier sur les taux insuffisants d'activité des travailleurs plus âgés (Belgique, Allemagne, France, Luxembourg et Autriche) et encouragent une poursuite des réformes des régimes d'imposition/indemnisation et de préretraite. Elles se réfèrent aussi à d'autres catégories de la population affichant un faible taux d'activité, telles que les minorités ethniques et les travailleurs migrants (Danemark, Allemagne, Autriche et Suède).
3. Compétences et éducation et formation tout au long de la vie: la majorité des Etats membres (onze au total: Belgique, Allemagne, Grèce, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Autriche, Portugal et Royaume-Uni) n'ont pas encore agi pour mettre en place une stratégie de formation tout au long de la vie, ou ont adopté des mesures inadéquates.
4. Charge fiscale pesant sur la main-d'oeuvre: des progrès ont été observés en matière d'allégement de la fiscalité sur la main-d'oeuvre, notamment vis-à-vis des travailleurs faiblement rémunérés ou peu qualifiés. Ceci se reflète dans la diminution du nombre de recommandations consacrées à ce domaine par rapport à l'année dernière. Cependant, précise le document, la charge fiscale sur la main-d'oeuvre doit encore être diminuée. Les pays ayant reçu une recommandation en ce sens sont Belgique, Danemark, Allemagne, France et Suède.
5. Egalité des chances: les recommandations, adressées à Belgique, Grèce, Espagne, Irlande, Italie, Luxembourg, Autriche, Portugal, Finlande, Suède et Royaume-Uni, se réfèrent à des lacunes spécifiques, comme les structures de garde d'enfants (Allemagne, Grèce, Espagne, Irlande, Italie, Autriche et Portugal) ou les écarts de rémunération entre les sexes (Allemagne, Finlande, Irlande, Luxembourg, Autriche et Royaume-Uni).
6. Déséquilibre régional: l'analyse fait apparaître des disparités régionales marquées dans les performances obtenues sur le front de l'emploi en Belgique, Espagne Finlande et Irlande, et la nécessité d'améliorer la mobilité régionale de la main-d'oeuvre (Belgique et Espagne).
7. Partenariat: une participation inadéquate des partenaires sociaux aux efforts pour rehausser le niveau et la qualité de l'emploi rend difficile toute avancée concrète. Pays ayant reçu une recommandation: Grèce, France, Finlande, Portugal, Royaume-Uni.
8. Dosage global des politiques: seules la Grèce et l'Italie sont concernées (secteur des services, travail illégal).
Enfin, concernant les lignes directrices 2002, la Commissaire a fait remarquer que "l'an prochain, nous allons passer à une évaluation quinquennale pour une stratégie pour l'emploi", et a insisté sur "trois axes des lignes directrices: la qualité de l'emploi, la nécessité d'avoir des objectifs nationaux et celle de rendre plus strictes les exigences pour l'égalité de rémunération entre hommes et femmes".
En conclusion, Anna Diamantopoulou a indiqué que "la discussion d'aujourd'hui s'intègre dans un cadre économique différent. La baisse de la croissance ne devrait pas nous amener à modifier nos politiques actuelles. On a eu une accélération de la création de postes de travail et en même temps une réduction du chômage. La stratégie pour l'emploi a eu pour résultats des changements importants. Nous devons insister sur l'importance de la mise en application de ces politiques". Et de poursuivre: "Les événements terroristes d'hier auront une influence sur l'économie. J'estime que le PE doit et peut avoir une participation plus importante concernant les lignes directrices de l'année prochaine. La Commission présentera, dès qu'elle aura reçu les remarques du PE, un document révisé sur ce point. En aucun cas, le gel économique ne doit entraîner le gel politique. Nos politiques doivent se poursuivre pour faire face au déclin économique".