Bruxelles, 18/07/2001 (Agence Europe) - A l'initiative de Viviane Reding et de Chris Patten, la Commission européenne a approuvé mercredi une communication visant à intensifier la coopération avec les pays tiers dans le domaine de l'enseignement supérieur (voir EUROPE d'hier, p.14).
"Cette stratégie européenne de coopération avec des pays tiers sera mise en place dans les détails au cours des deux années à venir. En attendant, nous en annonçons les premières mesures concrètes", a déclaré Viviane Reding à la presse.
Malgré des programmes tels qu'Erasmus, qui ont permis un renforcement important des capacités de coopération internationale des universités de l'UE, la Commission estime que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que les universités et centres d'apprentissage tirent le meilleur profit de la mondialisation de l'éducation. Cette stratégie est complémentaire avec ce que font déjà certains Etats membres de manière bilatérale (le British Council pour le Royaume-Uni, Edufrance pour la France ou encore par le DAAD pour l'Allemagne), a commenté Viviane Reding. Constatant par ailleurs qu' "un demi-million d'étrangers vont étudier aux Etats-Unis, contre 400.000 seulement en Europe dont 300.000 se dirigent vers le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne", Mme Reding a attiré l'attention sur le fait que "l'excellence des universités italiennes par exemple est complètement sous-estimée. Ceci amène à un problème en termes d'influence politique et culturelle de l'Europe. Nos étudiants, nos chercheurs et nos enseignants ne bénéficient pas non plus d'une éducation internationale, et donc, il est de notre intérêt de les rendre plus mobiles au niveau mondial et d'ouvrir nos universités au monde".
En ce qui concerne le renforcement des échanges avec les pays tiers, Viviane Reding a rappelé que l'UE était déjà liée à plusieurs pays tiers dans le domaine de l' enseignement supérieur (accords avec les Etats-Unis et le Canada; programme Tempus avec l'ex-URSS, les Balkans occidentaux, la Mongolie; programme Alfa de coopération avec l'Amérique latine), alors que de très nombreux pays tiers étaient demandeurs d'une coopération multilatérale avec des universités et centres de formation de l'Union. La Commissaire a indiqué que l'Australie et le Mexique avaient déjà fait acte de candidature à ce type de partenariat, et qu'Israël, l'Inde, le Japon et la Chine ont témoigné de leur très grand intérêt. "Par cette stratégie, l'expérience européenne sera utilisée et valorisée à l'extérieur de l'UE de manière multilatérale. On va commencer par un programme pilote de bourses de 3ème cycle (post-graduate) avec l'Amérique latine. Nous chercherons à renforcer les études sur l'UE dans les pays tiers, par exemple en étendant le réseau des centres d'études sur l'UE et des Chaires Jean Monnet, nous ferons de la publicité pour les universités européennes qui sont très mal connues à l'extérieur de l'Europe", a annoncé Mme Reding.
Cette stratégie sera financée à l'intérieur des programmes et enveloppes budgétaires existants. Elle sera suivie d'une communication plus large sur ce thème en 2003. La dimension éducative de l'aide dans le développement fera par ailleurs l'objet d'une communication de la Commission prévue pour fin 2001.