Bruxelles, 13/07/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a dévoilé, mercredi, les résultats des dernières perspectives pour les marchés agricoles dans l'UE 2001-2008 qui offrent des pistes de réflexion pour le réexamen à mi-parcours (qui commencera en juin 2002 par la publication d'un rapport d'évaluation) de la politique agricole commune (Pac). Des réformes s'avèrent nécessaires surtout pour deux secteurs, la viande bovine et le seigle. En revanche, la Commission devrait proposer le statu quo pour le régime d'aide aux oléagineux (qui pourrait bénéficier aussi du développement des biocarburants) et pour le lait, dont les principaux changements prévus dans la réforme de 1999 ne produiront leurs effets qu'en 2005/2006. Selon des sources communautaires, il semble prématuré de lancer un débat approfondi sur le système des quotas laitiers qui ne serait pas remis en cause avant 2008.
Les surplus de bœufs, estimés entre 250 000 et 730 000 tonnes par an, et qui ont peu de chance de trouver des débouchés sans restitutions à l'exportation, devraient inciter les services du Commissaire Fischler à proposer l'année prochaine des aménagements plus importants que ceux du plan en sept points adopté lors du dernier Conseil Agriculture (voir EUROPE du 21 juin, p.13). Le système d'octroi des primes pourrait à l'avenir être encore plus découplé de la production. Pour ce qui est du seigle (problème d'excédents structurels essentiellement allemand), le rapport prévoit un déséquilibre important du marché, avec des stocks qui augmenteront de 3,8 millions de tonnes en 1999/2000 à 13,8 millions de tonnes en 2008/2009, dont 13 millions de tonnes de stocks d'intervention. Des corrections pourraient être apportées au régime d'intervention, soit en réduisant les prix, soit en ne rendant plus cette culture éligible à l'intervention.
Les perspectives des marchés peuvent être résumées ainsi: - viande bovine: les excédents seraient moins importants que prévu initialement (stabilisation autour de 250 000 tonnes par an après un « pic » de 730.000 tonnes en 2003), notamment grâce à une amélioration rapide de la consommation, au régime spécial d'achat (qui devrait porter sur 350 000 tonnes), au système britannique de destruction des bovins de plus de 30 mois reconduit en 2002, et à l'impact de la fièvre aphteuse. La consommation communautaire devrait chuter de 5% en 2001 par rapport à 2000 (-10 % par rapport à 1999) puis reprendre les années suivantes ; - porc et volaille: les effets, bénéfiques pour ce secteur, de la baisse de la consommation de viande bovine devraient être limités au court terme ; - viande ovine: l'épizootie de fièvre aphteuse devrait engendrer une baisse de la production de 8% en 2001 et une augmentation des importations grâce à de meilleurs accès aux marchés des pays tiers et aux concessions accordées aux pays d'Europe centrale et orientale (accroissement des quotas selon l'accord « double zéro ») ; - céréales: évolution assez favorable (sauf pour le seigle), avec des marchés en équilibre et des stocks dans des limites raisonnables. Une compétitivité accrue de la production communautaire à la fois sur le plan interne et externe, une reprise sur les marchés mondiaux et un taux de change favorable entre l'euro et le dollar devraient contribuer à l'équilibre du marché céréalier de l'UE (stabilité des stocks autour de 38 millions de tonnes par an sur l'ensemble de la période 2000-2008) ; - oléagineux: le potentiel de production restera fort sur le moyen terme, aidé par une reprise graduelle des prix mondiaux et un taux de change favorable. La demande globale devrait s'accroître légèrement ; - protéagineux: après une diminution à court terme, les superficies plafonneront à 1,3 million d'hectares grâce à une tendance favorable des prix ; - lait: il est prévu une stabilisation des livraisons de lait à 114,4 millions de tonnes à partir de 2001/2002, après une baisse enregistrée en 2000/2001 en raison de la chute des prix sur le marché britannique.