Bruxelles, 08/06/2001 (Agence Europe) - Les représentants des Etats membres, réunis au sein du Comité spécial Agriculture (CSA), ont trouvé un terrain d'entente sur certains aspects techniques de la proposition de la Commission européenne (présentée le 21 décembre dernier) sur l'Organisation commune des marchés (ocm) de l'huile d'olive. Mais l'élément le plus controversé, à savoir la durée de prorogation du régime d'aide, devra être réglé au niveau du Conseil des ministres de l'agriculture (19/20 juin).
C'est concernant les dénominations des différentes huiles que le CSA a le plus progressé. Sur la base d'un texte de compromis de la Présidence suédoise, inspiré de l'avis du Parlement européen rendu en mai, la Commission s'est montrée disposée à accepter, comme le demandaient les principaux pays producteurs (Espagne, Italie, Grèce), d'abandonner l'idée de remplacer par « huile d'olive brute » la dénomination actuelle « huile d'olive vierge ». Ce serait donc cette dernière qui continuerait à être utilisée. Pour ce qui est de la classification des mélanges d'huile (que la Commission souhaitait dénommer « huile d'olive standard » à la place de « huile d'olive »), les Etats membres se sont entendus sur la nécessité de ne pas induire le consommateur en erreur et donc de trouver un terme, qui n'a pas encore été arrêté à ce stade (comme « mélange », « coupage ») pour préciser sur l'étiquette que l'huile d'olive est constituée d'un mélange entre des huiles de raffinage et des huiles d'olive vierge.
Le problème de l'indication de la provenance de l'huile d'olive serait sur le point d'être résolu. Lorsque les olives viennent du pays qui les a également pressées pour en faire de l'huile, la mention de ce pays est de fait suffisante. En cas contraire (par exemple de l'huile d'olive élaborée en France à partir d'olives tunisiennes), les noms des deux pays devront apparaître sur l'étiquetage.
Les questions des mélanges et de la durée de prolongation du régime d'aide sont toujours controversées. L'Espagne, l'Italie et la Grèce souhaitent interdire les mélanges entre huile d'olive et huile végétale (notamment de colza et tournesol), contrairement aux pays du Nord qui font valoir que c'est un moyen pour les consommateurs de se familiariser progressivement avec cet ingrédient qui ne fait pas partie de leurs habitudes. Les principaux pays producteurs (Espagne, Italie, Grèce) souhaitent une reconduction de cinq ans du régime d'aide, tandis que certains pays du Nord (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Finlande et Royaume-Uni) soutiennent la proposition de la Commission (prorogation de deux ans).