Bruxelles, 08/06/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réuniront, lundi à Luxembourg, pour une dernière session du Conseil Affaires générales avant le Sommet UE/Etats-Unis et le Conseil européen qui auront lieu les 14, 15 et 16 juin à Göteborg. La réunion formelle de ce Conseil de nature «intermédiaire» devrait s'achever assez tôt en fin d'après-midi pour laisser la place aux conférences ministérielles de négociation avec les pays candidats à l'adhésion qui se poursuivront mardi. A noter que le président de la Commission européenne, Romano Prodi donnera vers midi, en marge de la réunion ministérielle, une conférence de presse sur le Conseil européen de Göteborg. Voici le programme:
Balkans: le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, informera les ministres sur les derniers développement en Macédoine (où il était ces vendredi et samedi) et ses entretiens avec le président Boris Trajkowski et d'autres responsables politiques de l'ARYM. Le Conseil devrait adopter des conclusions qui confirmeront les positions de l'UE à ce sujet. Il devrait aussi approuver un rapport sur le processus de stabilisation et d'adhésion ainsi qu'un document sur les priorités de l'Union dans le cadre du Pacte de Stabilité pour l'Europe du Sud-Est.
Proche-Orient: la situation au Proche-Orient sera évoquée lors du déjeuner. Les ministres auront, juste avant, un bref entretien avec le ministre palestinien pour la Coopération internationale, Nabil Shaath, et rencontreront, après le déjeuner, le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres. Pendant le déjeuner, M. Solana fera le point sur sa visite dans la région avec le Premier ministre suédois Göran Persson et les entretiens qu'ils auront eu, dimanche au Caire, avec le président égyptien Hosni Mubarak, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat et le Premier ministre israélien, Ariel Sharon.
Sommet UE/Etats-Unis: ce point sera aussi évoqué lors du déjeuner, soulignant ainsi, comme le faisait remarquer un diplomate, que ce type de rencontres restent entièrement gérés par la Présidence et la Commission européenne ce qui nuit à la capacité de l'Union de présenter le front commun nécessaire pour aborder certaines questions essentielles. Figurent à l'ordre du jour du Sommet: - la situation dans les Balkans occidentaux ; - le Proche-Orient ; - la Corée du Nord (l'Administration Bush vient d'annoncer qu'elle entend reprendre les négociations avec Pyongyang) ; - l'accès aux médicaments et la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose en Afrique ; le changement climatique (et le protocole de Kyoto) ; - l'OMC et plusieurs dossiers liés au commerce bilatéral (dont sans doute la récente décision américaine concernant l'acier: voir EUROPE du 7 juin, p.9). Le Sommet consistera essentiellement en un déjeuner de travail suivi d'une brève séance au niveau de la troïka; - un dîner de travail est prévu le 14 juin avec les Quinze au complet.
Rappelons que le Sommet UE/Etats-Unis sera précédé, le 13 juin à Bruxelles, par une rencontre entre Bush et les chefs d'Etat et de gouvernement de l'OTAN de laquelle on espère, en particulier, un accord de la Turquie sur la mise à disposition de moyens et ressources de l'Alliance atlantique pour des opérations de paix conduites par l'UE.
Préparation du Conseil européen de Göteborg: le Conseil aura un débat d'orientation sur le développement durable. La Présidence fera par ailleurs une présentation du rapport qu'elle soumettra au Conseil européen sur l'avenir de l'Europe. Le Conseil devrait approuver aussi un rapport de la Présidence sur l'état d'avancement des travaux concernant la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) et le mandat à donner à la future Présidence belge à ce sujet. Ce projet de rapport comprend aussi des annexes sur les aspects civils de la gestion des crises (plan d'action en matière de police ; coopération de l'Union avec les organisations internationales ; contributions des Etats tiers aux missions de police ; objectifs concrets pour les aspects civils de la gestion des crises). La présidence soumettra au Conseil un projet de programme d'action pour la prévention des conflits. Les ministres des Affaires étrangères devraient aussi prendre note des résultats des autres formations du Conseil concernant les Grandes orientations de politique économique (Ecofin), le paquet fiscal (Ecofin) et le brevet communautaire (Marché intérieur).
Le Conseil européen de Göteborg consacrera ses travaux de vendredi matin d'abord à l'élargissement, et ensuite au débat sur l'avenir de l'Europe. En ce qui concerne l'élargissement, le président du Conseil européen Göran Persson a réitéré jeudi à Berlin, lors de sa tournée des capitales, son souhait de "donner un signal clair" aux pays candidats sur la volonté des Quinze d'accélérer les négociations d'adhésion (mais le chancelier Schröder a dit pour sa part qu'il ne pensait pas que Göteborg indiquera des dates, alors que le processus devrait être sera renforcé). En outre, la Présidence suédoise espère, d'ici le sommet, avoir réglé définitivement le problème posé par le mémorandum espagnol, dans lequel l'Espagne avait d'abord lié son accord sur la position commune concernant la libre circulation des personnes et des capitaux à des assurances sur ses perspectives de bénéficier des fonds structurels après l'élargissement: l'Espagne a, depuis, renoncé à ce lien (voir EUROPE du 1er juin, p.8), mais l'objectif est d'adopter avant Göteborg, si possible dès lundi à Luxembourg, une déclaration de caractère général (qui, cependant, n'avait pas encore obtenu l'accord d'Allemagne, France et Pays-Bas) soulignant les effets que l'élargissement aura sur les Etats membres et sur les politiques de l'UE. Sur le fond (les positions communes sur la libre circulation des personnes et des capitaux), l'UE espère avoir des réponses positives, à Luxembourg, de la part d'au moins certains pays candidats (ce qui avait été le cas de la Hongrie lors de la négociation de la semaine dernière au niveau des suppléants: voir EUROPE du 2 juin, p.7). Les pays candidats seront informés des résultats du Conseil européen, samedi lors d'un déjeuner à Göteborg.
Quant à l'avenir de l'Europe, le rapport d'une vingtaine de pages de la Présidence suédoise fait le point sur l'ouverture de ce débat au niveau national et européen, et, à propos de la proposition de préparer la prochaine CIG par une Convention semblable à celle qui avait rédigé la Charte des droits fondamentaux, il note que les tâches du "forum public" qui devra préparer la prochaine réforme institutionnelle seront sans doute "plus complexes", et s'abstient de faire des recommandations (attendues de toute façon du sommet de Laeken).
Dans l'après-midi de vendredi, le Conseil européen discutera, avec les ministres des Finances, les Grandes orientations de politique économique, et abordera ensuite ce qui devait être le grand thème de ce sommet, le développement durable. Il reste à voir si, sur cette nouvelle dimension de la politique de l'UE, qui doit être intégrée dans le processus annuel de Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement réussiront à s'entendre sur des objectifs chiffrés.
Elargissement: le Conseil aura un débat général sur l'état des négociations d'adhésion et adoptera des conclusions dans la perspective du Conseil européen. Ces conclusions devraient inviter les Quinze à confirmer et préciser la stratégie endossée par le Conseil européen de Nice. Le Conseil doit adopter par ailleurs des positions communes de l'UE concernant certains chapitres des négociations d'adhésion avec plusieurs pays.
Le Conseil devrait aussi: - adopter des conclusions confirmant sa détermination à renforcer la coopération avec l'ONU dans le cadre de la gestion des crises et de la prévention des conflits ; - approuver un rapport au Conseil européen sur la mise en oeuvre de la stratégie commune de l'UE à l'égard de la Russie ; - approuver le rapport de la Présidence sur les politiques de la «Dimension nordique» ; - prendre note de l'accord politique concernant les aspects agricoles du paquet de mesures spécifiques pour les régions ultrapériphériques au titre de l'article 299 du Traité.
La délégation grecque présentera aux ministres sa demande de dérogation au régime de visas pour faciliter les visites d'une journée des touristes turcs dans les îles grecques.
Conférences d'adhésion
Douze conférences ministérielles de négociations sont prévues avec les pays candidats suivants: - lundi: Lituanie; Bulgarie; République tchèque; - mardi matin: Slovénie; Chypre; Malte; Hongrie; Pologne; - mardi après-midi: Roumanie; Slovaquie; Lettonie; Estonie. Un dîner de travail avec les ministres des pays candidats est prévu lundi soir.