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Bulletin Quotidien Europe N° 7978
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/jean monnet

NOTRE EUROPE rappelle l'action du Comité Jean Monnet pour les Etats-Unis d'Europe

Paris, 06/06/2001 (Agence Europe) - NOTRE EUROPE, le Groupement d'études et de recherches présidé par Jacques Delors, vient de publier, avec le concours de la Fondation Jean Monnet pour l'Europe de Lausanne présidée par le professeur Rieben, "20 ans d'action du Comité Jean Monnet (1955-1975)", dans sa série Problématiques Européennes. Dans sa présentation, Jacques Delors, qui rappelle que l'idée de cette publication revient à Max Kohnstamm, ancien secrétaire général puis vice-président du Comité Jean Monnet pour les Etats-Unis d'Europe, juge utile ce "retour aux origines du projet européen", au moment où doit s'ouvrir un grand débat démocratique sur l'avenir de l'Union. L'ancien président de la Commission européenne fustige les idées reçues sur la "méthode Monnet", en soulignant en particulier combien le projet poursuivi par le Comité avec un "extraordinaire acharnement", pendant vingt ans, était inspiré par "une véritable obsession de conciliation des dimensions économique et sociale de l'Europe politique en gestation" (en développant aussi dans le contexte de la guerre froide "une vision sans naïveté du partenariat transatlantique"). Et ceci "toujours à la lumière de ce qui fait la spécificité incontournable du projet européen: la confiance, dans tous les domaines, en un exécutif supranational et une Cour de Justice indépendante", mais en acceptant, par exemple, l'hypothèse d'une "Europe à deux vitesses permettant l'intégration britannique ou l'effort de compréhension des "Plans Fouchet" successifs".

Les documents publiés par NOTRE EUROPE permettent de revisiter le rôle joué par le Comité, depuis sa première session en janvier 1956 jusqu'à sa dissolution d'avril 1975, et de parcourir ainsi vingt ans d'histoire européenne, marqués en particulier par la signature du Traité de Rome, la décision d'élire l'"Assemblée parlementaire européenne" au suffrage universel, les négociations d'adhésion de la Grande-Bretagne (l'adhésion de la Grande-Bretagne "peut et doit renforcer la Communauté européenne", disait le Comité en juillet 1969), la décision de créer une Union économique et monétaire (qui exige "une politique économique globale cohérente", soulignait une déclaration de février 1971).

Pascaline Winand, professeur à l'Université libre de Bruxelles, rappelle la manière de laquelle naquit le Comité, après la décision de Jean Monnet, en novembre 1954, de ne pas briguer un nouveau mandat de président de la Haute Autorité de la CECA, décision qu'il avait ainsi expliquée à l'Assemblée commune de la CECA: "Les Institutions de notre Communauté exercent seulement les pouvoirs qui leur ont été délégués. Il ne leur appartient pas de les étendre (...). L'impulsion doit donc venir du dehors". Ce que fit le Comité dans les vingt années suivantes, accueillant parmi ses membres, dès sa création, les partis démocrates-chrétiens, socialistes et libéraux et les syndicats non communistes des Etats membres de la CECA: qui se souvient aujourd'hui que les leaders du SPD Willy Brandt et Herbert Wehner furent parmi ses membres actifs ? Et aussi grâce à un petit noyau de quelques fidèles collaborateurs comme le Néerlandais Max Kohnstamm, le Français Jacques Van Helmont, les Britanniques François Duchêne et Richard Mayne, le professeur Henri Rieben, ou les anciens collaborateurs à la Haute Autorité François Fontaine et Jacques Rabier.

(Site Internet: http: //http://www.notre-europe.asso.fr ).

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