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Bulletin Quotidien Europe N° 7978
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/etats-unis

L'UE regrette l'attitude protectionniste américaine sur l'acier

Bruxelles, 06/06/2001 (Agence Europe) - L'Union se dit "très déçue", ce mercredi, suite à la décision américaine d'entamer une investigation qui pourrait aboutir à la mise en place, au début de l'année prochaine, de restrictions quantitatives ou tarifaires contre des produits sidérurgiques importés de pays tiers.

"C'est une mauvaise nouvelle", a regretté le commissaire européen Pascal Lamy. "Nous avons signalé à maintes reprises notre volonté de promouvoir un dialogue international sur cette question, mais la voie du 201 n'est pas la bonne. Il ne faut pas faire peser sur le reste du monde le coût de la restructuration du secteur sidérurgique aux Etats-Unis", a-t-il déclaré. Dans le cadre de l'enquête qui vient d'être lancée par l'Agence compétente, la Commission du Commerce International (USITC), l'Exécutif communautaire entend "soutenir fermement que l'imposition de mesures de sauvegarde protectionnistes ne constitue pas une réponse appropriée aux problèmes domestiques de l'industrie sidérurgique américaine".

Pour les milieux communautaires, la hausse des importations et les prix historiquement bas des produits sidérurgiques, conjugués au nombre croissant d'entreprises qui recourent au chapitre 11 de la loi sur les faillites (17 d'entre elles ont déclaré faillite depuis 1998), sont venus renforcer l'année dernière les pressions, déjà relayées par leurs sympathisants au Congrès, pour le déploiement d'une protection publique et l'Administration fédérale, qui a longtemps hésité, vient finalement de leur céder. Mardi, le président des Etats-Unis a fait valoir que "l'intérêt de notre Nation est de veiller, s'il existe des pratiques commerciales inéquitables au sein de l'industrie sidérurgique, à les contrer de manière agressive". George Bush a aussi appelé -sans les nommer, les pays producteurs d'Europe, d'Asie et d'Amérique latine- à engager des négociations internationales en vue de réduire les surcapacités et à mettre fin aux subventions gouvernementales à leurs industries sidérurgiques.

"Vu l'action américaine, une solution coopérative internationale semble désormais moins probable", réplique-t-on à Bruxelles en rappelant que l'UE a récemment proposé une réunion de haut niveau à l'OCDE "qui aurait pu contribuer à un accord international sur la limitation des subventions et le problème de surcapacité". L'Union entend renouveler l'invitation faite aux principaux pays producteurs de se réunir pour examiner les actions envisageables et souhaite clarifier le débat avec Washington, en espérant "parvenir à une analyse conjointe correcte du marché et des facteurs qui sous-tendent son évolution". Quant à l'éventualité d'un rétrécissement de l'accès au marché américain, "cela risque de perturber sérieusement les échanges sidérurgiques mondiaux et, outre leur impact direct sur les exportateurs européens, les mesures de sauvegarde auraient pour effet de dévier des quantités substantielles de la production mondiale (jusqu'à 9 millions de tonnes) vers le marché de l'UE", s'insurge-t-on à la Commission. Qui plus est, fait-on valoir de même source, ces "mesures ne résoudront en rien les problèmes de l'industrie sidérurgique intégrée" - en crise parce qu'elle a échoué à s'adapter à l'évolution du marché - et constitueraient une tentative de transférer le fardeau de la restructuration américaine vers l'Europe", qui pourrait inciter d'autres pays où les sidérurgistes sont en souffrance à suivre eux aussi la voie du protectionnisme et "contrarier l'objectif que partagent l'Union et les Etats-Unis d'avoir un système commercial libéral ouvert".

EUROPE rappelle que la procédure qui vient d'être lancée au titre de la section 201 de la législation commerciale des Etats-Unis, permet à l'Administration de prendre des mesures de sauvegarde contre des produits importés de l'étranger, en leur imposant des restrictions quantitatives ou tarifaires. Cette possibilité s'offrira à l'équipe Bush, si l'USITC conclut dans huit mois environ que les importations sont à l'origine du préjudice sérieux invoqué par l'industrie sidérurgique américaine. Washington devra cependant veiller à être en règle vis-à-vis de l'OMC. L'Union européenne se tient prête: "si des mesures de sauvegarde unilatérales sont introduites, nous en vérifierons la compatibilité et, le cas échéant, entreprendrons une action appropriée à Genève", souligne-t-on à la Commission.

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