Bruxelles/Valparaiso, 03/05/2001 (Agence Europe) - Les représentants des parlements latino-américains et du Parlement européen appellent les chefs d'Etat des deux continents à lancer une "association stratégique" lors du prochain sommet UE/Amérique latine qui se tiendra en 2002 à Madrid. Dans un "message" aux chefs de l'Etat adopté à l'issue de la XVème conférence interparlementaire Union européenne/Amérique latine, qui se tenait la semaine dernière à Valparaiso au Chili (voir EUROPE du 26 avril p. 12 et de 21 avril p.4), les parlementaires estiment aussi que l'Union européenne devrait se doter d'une "stratégie commune" pour l'Amérique latine. Similaire à celles existant pour la Russie, les Balkans, la Méditerranée et l'Ukraine, cette stratégie devrait mettre en place un mécanisme efficace de coordination entre l'Union européenne et l'Amérique latine sur les sujets d'intérêt commun, comme les droits de l'homme, la dette extérieure, l'environnement, la bonne gestion des affaires publiques, la réforme des Nations Unies, la lutte contre la corruption et la criminalité organisée. Les parlementaires suggèrent l'adoption d'une "charte euro-latino-américaine pour la paix", visant à concrétiser des propositions de nature politique, stratégique et en matière de sécurité.
Evoquant les négociations d'accords de libre-échange entre l'UE, le Mercosur et le Chili, les parlementaires ont repris au cours de la conférence la position du Parlement européen qui demande à la Commission européenne de modifier les mandats de négociations, afin de supprimer la clause qui lie la conclusion des négociations avec les pays latino-américains à celle des négociations multilatérales à l'OMC.
La présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine, a insisté sur la présence que l'UE se doit de conserver en Amérique latine, l'élargissement de l'UE ne devant pas se faire au détriment des liens qui unissent l'Union aux pays du Sud, "complément indispensable de l'élargissement". Elle a remarqué que la forte présence des Etats-Unis sur le continent ne doit pas conduire à une "hégémonie de nivellement monoculturel".