Bruxelles, 19/02/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Télécommunications et de l'Emploi, réunis pour la première fois de manière informelle à Lulea en Suède, ont examiné jeudi et vendredi derniers, le déficit en emplois qualifiés qui menace le secteur des technologies de l'information en Europe, dans le cadre des objectifs stratégiques de Lisbonne et pour préparer le Sommet de Stockholm des 23-24 mars. La rencontre était présidée par Björn Rosengren, président du Conseil de l'Industrie, et par Mona Sahlin, la présidente du Conseil Emploi.
Lors de la session conjointe du matin, les ministres ont approuvé la création d'une "task force" qui sera chargée d'analyser le problème de pénurie de main-d'oeuvre dans ce secteur, de trouver des solutions et d'accroître la mobilité du travail à l'intérieur de l'UE et entre pays membres. Björn Rosengren a mis en avant un rapport de l'Observatoire européen des technologies de l'information (EITO) qui prévoit un manque de 3,8 millions de travailleurs en 2003 si de nouvelles mesures ne sont pas prises pour faire face à la pénurie d'emploi. Le secteur occupe actuellement 8,3% de la population active en Europe occidentale, un chiffre qui passerait à 13,4% en 2003. Un autre aspect jugé préoccupant est la faible présence des femmes qui ne représentent que 20% du personnel dans les technologies de l'information dans la plupart des pays de l'UE. Les ministres ont souligné que "si les conditions permettant aux gens de bénéficier des nouvelles technologies ne sont pas créées, le résultat pourrait être l'exclusion sociale et un accroissement du fossé entre les riches et les pauvres" dans l'UE.
Dans l'après-midi, les ministres de l'Emploi ont traité de la question de la qualité de l'emploi, qui devrait faire l'objet d'une déclaration à Stockholm. Ils ont revu en particulier les éléments de cette définition de "qualité" - parmi lesquels ils incluent, entre autres, la formation continue, l'environnement du travail, la législation du travail, la participation de la main-d'oeuvre - et ont reconnu la nécessité d'approfondir cette définition et de mettre en place des indicateurs appropriés. Les ministres ont reconnu que les technologies de l'information génèrent de nouveaux emplois et créent des conditions de changement dans la situation actuelle de l'emploi, y compris une amélioration de la qualité d'emploi.
Les ministres des Télécommunications ont abordé le nouveau cadre réglementaire sur les communications électroniques, qui vise à adapter la législation européenne à un marché exposé aux évolutions technologiques, dont la fusion des médias, de la télévision et de l'ordinateur. Dans un communiqué, la présidence suédoise fait état de son empressement "de voir le Parlement européen et le Conseil se décider le plus tôt possible sur le nouveau cadre". Par ailleurs, les Quinze ont souligné l'importance de maintenir l'accès au service universel (SU) - le service minimum que les Etats membres doivent garantir à chaque citoyen - à un prix raisonnable et peu importe leur localisation. Selon une source proche du Conseil, les ministres se sont mis d'accord pour ne pas élargir, pour l'instant, le champ de la définition de ce service; l'Espagne et la France, en faveur d'un élargissement ambitieux, semblent en effet avoir fait marche arrière. Les ministres ont aussi discuté de la définition de la puissance sur le marché - qui permet de décider à partir de quel stade des obligations peuvent être imposées à un opérateur - et ont demandé à la Commission de clarifier ce concept et ses implications. A l'issue des débats, ils ont souligné "le potentiel élevé" des téléphones mobiles de troisième génération et, dans leurs conclusions, ils ont réaffirmé leur volonté de "mettre en œuvre des mesures, réglementaires ou non, nécessaires pour rééditer le succès des GSM". La Commission publiera dans les prochaines semaines une étude sur le futur de la téléphonie de troisième génération et sur la manière d'éviter une fragmentation des marchés.