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Bulletin Quotidien Europe N° 7900
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/mediterranee

Le Forum parlementaire euro-méditerranéen devient une "structure permanente" et tiendra des sessions annuelles

Bruxelles, 09/02/2001 (Agence Europe) - Le Forum parlementaire euro-méditerranéen a clos le 9 février à Bruxelles sa deuxième session, ouverte la veille (voir EUROPE d'hier, p.10), par l'adoption d'une déclaration commune qui annonce sa décision de devenir désormais une "structure permanente" se réunissant à un rythme annuel, et de créer trois groupes de travail: l'un pour assurer, au cours des inter-sessions, le suivi des travaux parlementaires; un autre pour mettre au point, en vue de la prochaine session, un règlement intérieur; enfin, un troisième sur l'immigration, qui a été un des sujets les plus débattus. L'offre de l'Italie d'accueillir en février 2002 la première session de cette structure a été acceptée par tous.

Le Forum a évoqué de façon détaillée, aussi bien dans le texte final que dans les multiples interventions des élus des deux côtés de la Méditerranée, les conflits qui minent l'avenir de la région - en particulier celui entre Israéliens et Palestiniens- et la mise au point d'un texte commun à ce sujet a été marquée par de difficiles négociations. Toutes les parties ont par ailleurs exprimé leur "désenchantement" face aux obstacles qui entravent le processus de Barcelone, et la déclaration relève que tous "déplorent que la mise en place du partenariat n'ait pas permis de répondre de manière satisfaisante aux attentes", et regrette que la Libye et la Mauritanie n'y soient pas invitées comme membres à part entière. En même temps, les participants saluent les initiatives prises l'année dernière- en particulier au sommet de Feira - pour revitaliser le processus, mais les parlementaires des 27 pays regrettent que ce projet de "partenariat global" n'ait pas "une véritable perspective stratégique", et estiment que "les progrès réalisés dans le cadre de l'association" ( les accords entre les différents pays méditerranéens et l'UE) restent insuffisants. La formulation sur la "stratégie commune" de l'UE pour la Méditerranée est circonspecte et, en tout cas, l'ensemble des participants "regrette que les Etats de la Méditerranée n'aient pas été beaucoup plus étroitement associés" à son élaboration.

Le Forum affirme aussi qu'il entend désormais "jouer un rôle beaucoup plus actif pour compenser l'approche excessivement intergouvernementale" suivie jusqu'ici et pour mieux veiller à une mise en oeuvre efficace et transparente, de l'instrument financier MEDA 2. Dans la déclaration, les participants s'expriment, volet par volet, sur l'état du processus, en souhaitant qu'il n'y ait plus "de hiérarchie entre ces trois volets". Ainsi:

(a) sur le volet politique et sécurité, ils réaffirment le "caractère essentiel" du respect des règles démocratiques et des droits de l'homme et souhaitent l'adoption, "le plus tôt possible", du projet de Charte de paix et de stabilité en Méditerranée, qui devrait avoir un "caractère politique évolutif". En outre, ils souhaitent couvrir de nouveaux sujets tels que le contrôle des armements et la lutte contre la criminalité organisée (notamment, le trafic lié à l'immigration, à la drogue, etc.). La déclaration insiste aussi sur la nécessité d'impliquer plus fortement les sociétés civiles et de promouvoir le rôle des femmes dans la société.

(b) sur le volet économique et commercial, ils approuvent le principe de créer, d'ici 2010, un vaste "marché commun" euro-méditerranéen. L'approche actuelle - conclusion d'accords d'association bilatéraux - doit être renforcée par l'émergence d'une "coopération Sud-Sud" et finalement par la perspective d'un accord multilatéral couvrant toutes les questions communes. Le libre-échange devrait être appliqué avec prudence pour ne pas produire des conséquences économiques, et surtout sociales, dommageables, et il devrait aussi conduire à une "libéralisation progressive et réciproque des échanges agricoles". La déclaration demande aussi la création d'une "institution financière de développement régional", une initiative de reconversion de la dette et une coopération entre les services publics euro-méditerranéens.

(c) sur le volet social, culturel et humain, ils affirment que ce volet ne doit plus être négligé par rapport aux deux autres et que des actions ambitieuses doivent être conçues. A Bruxelles, l'attention s'est concentrée sur l'immigration, et les participants ont demandé une "législation harmonisée" européenne accompagnée d'une maîtrise programmée des flux migratoires et d'une politique des visas plus appropriée en faveur des intellectuels et autres acteurs de la coopération euro-méditerranéenne.

Le Forum, par ailleurs, a:

-"déploré" les conséquences humaines et matérielles de la confrontation en cours entre Israéliens et Palestiniens, en rappelant les prises de position traditionnelles de l'UE, et notamment le respect de "toutes les résolutions" de l'Onu (formule âprement négociée pour que soit évitée l'énumération détaillée de ces résolutions, dont celles faisant référence à l'obligation de retour des réfugiés), droit d'Israël à la sécurité et droit du peuple palestinien à disposer d'un "Etat souverain, démocratique, viable et pacifique".

demandé pour Chypre une solution conforme aux résolutions de l'Onu. Au cours des débats, un parlementaire turc, Bülent Akarcali (ANAP), a souhaité que le Forum soit un lieu de dialogue avec les Chypriotes et les Grecs: "les occasions de dialogue sont si rares" entre députés des deux parties, a-t-il dit.

demandé "la levée de l'embargo économique contre l'Irak pour des raisons humanitaires", ainsi que le respect des résolutions des Nations Unies concernant ce pays.

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