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Bulletin Quotidien Europe N° 7900
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/agriculture

Les propositions européennes suscitent à Genève des réactions plutôt positives, sauf de la part des pays en voie de développement

Bruxelles, 09/02/2001 (Agence Europe) - Le "donnant-donnant" proposé par l'Union dans les négociations sur l'agriculture a été favorablement accueilli par un certain nombre de pays traditionnellement hostiles à l'approche européenne, alors qu'un scepticisme empreint de défiance continue d'animer le monde en développement (voir EUROPE du 7 février, p.9). Mais, si la démarche des Quinze ne suscite plus de tollé, celle du Japon, également articulée autour de la multifonctionnalité de l'agriculture, s'est en revanche heurtée à un mur d'indignation et d'incompréhension, en début de semaine à Genève, lors de la session extraordinaire du comité agricole de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Selon des sources diplomatiques à Genève, la proposition de l'Union, appuyée par les proches et amis de la multifonctionnalité (Europe centrale et orientale, Suisse, Norvège, Corée, Japon, Maurice, Israël), a été qualifiée de "constructive" par les tenants d'une libéralisation tous azimuts, Etats-Unis et Cairns en tête. Avec quelques-uns de ses 18 partenaires, l'Australie a même acquiescé à l'approche européenne des préoccupations non commerciales, compte tenu de la référence faite - une précision qui rassure - à des mesures ciblées et transparentes, ayant un impact minimal sur le commerce. Les commentaires de l'Uruguay, au nom de Mercosur, ainsi que du Chili et de la Bolivie étaient également positifs. Idem du côté des Etats-Unis, qui ont jugé la proposition sérieuse, une preuve de l'engagement actif des Européens dans la négociation, malgré leur manque d'ambition sur les tarifs, subventions et soutiens internes (la "boîte bleue" des aides liées à des programmes de limitation de la production), ainsi que sur la clause de paix et la clause de sauvegarde spécifique à l'agriculture. Autant d'obstacles au libre commerce dont les Etats-Unis et Cairns ne veulent plus du tout. En outre, pour Washington, le système commercial n'est pas l'endroit approprié pour préciser le principe de précaution, les règles d'étiquetage, la protection des indications géographiques, ni pour contribuer à la sécurité alimentaire en général. L'idée de clarifier les règles de gestion des contingents tarifaires a quant à elle reçu les faveurs de toute l'assemblée.

Les pays en développement n'en demeurent pas moins sceptiques. Certains sont heurtés par les exigences européennes en matière de bien-être des animaux alors que, s'indignent-ils, la faim touche encore 800 millions de personnes dans le monde. Avec le Pakistan et l'Inde, la plupart parmi eux continuent de déceler des visées néo-protectionnistes derrière le "donnant-donnant" affiché par les Européens. Le tout leur semble en effet tendre vers un seul objectif: préserver les subventions internes et à l'exportation, alors que ces pays attendent des plus riches qu'ils ouvrent davantage leurs marchés - en s'attaquant notamment aux pics et escalades tarifaires - et qu'ils leurs permettent de protéger leurs propres frontières. Le négociateur européen a cependant averti: "Nous pouvons envisager des cas où un pays en développement ayant un secteur agricole particulièrement fragile a besoin de temps pour s'adapter à une libéralisation du commerce mais, nous mettons en garde contre l'idée que les pays en développement en général devraient choisir de rester en dehors de la libéralisation agricole. C'est dans ces pays que la demande de nourriture va s'accroître le plus". Un avis qu'ont partagé un certain nombre de pays industrialisés, dont les Etats-Unis et ceux de Cairns.

Mais bien plus que celle de l'Union, parmi les 17 contributions présentées lors de cette session sur un total de 35, c'est la proposition japonaise qui a suscité le plus de critiques, aussi bien en nombre qu'en intensité. C'est une "mauvaise blague", ont estimé les représentants de Paraguay et Uruguay, en citant des demandes "irrationnelles, égoïstes", "à ignorer". Le document est "décevant", ont dit les Américains, tandis que d'autres accusaient Tokyo de vouloir faire marche arrière (lorsqu'il propose de revoir les contingents tarifaires, de créer une nouvelle clause de sauvegarde spéciale pour les denrées périssables) et, plus encore, de manquer de sérieux, d'engagement véritable, compte tenu de l'absence de toute référence aux réductions des protections tarifaires et internes visées par cette négociation. Le ton n'est pas justifié et les critiques excessives, ont répliqué l'Union, la Suisse, la Norvège, la Corée et Israël. L'ambassadeur japonais a estimé qu'il y avait un malentendu, en expliquant que les détails, les précisions qui font défaut dans le plan de Tokyo, ont été délibérément laissés pour la seconde phase de négociation.

Cette seconde phase, après l'année de positionnement qui s'achève, démarrera au printemps. Un dernier rendez-vous informel a été fixé aux 22 et 23 mars, pour mener à bien les préparatifs, à temps pour procéder à l'état des lieux déjà programmé de longue date, du 26 au 28 mars prochains. La nouvelle phase, que plusieurs pays veulent limiter à un an, devrait permettre aux 140 de négocier les différents points soulevés (subventions à l'exportation, soutiens internes, accès au marché, considérations non commerciales, traitement spécial et différencié des pays en développement, statut des petits Etats insulaires, etc.) en vue de progresser vers un compromis lors de la phase suivante. Plusieurs pays ont partagé le sentiment des Européens qu'un cycle plus large est indispensable pour faire avancer cette négociation, dénuée de toute échéance contraignante.

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