Bruxelles, 01/02/2001 (Agence Europe) - La présidence suédoise du Conseil de l'UE a été constamment en contact, au cours des dernières semaines, avec les responsables israéliens et palestiniens, notamment à travers son Représentant pour la région, Miguel Angel Moratinos (qui était présent aux pourparlers directs de la semaine dernière à Taba) et son Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, a affirmé mercredi après-midi devant le Parlement européen le président du Conseil M. Danielsson, qui a dit partager l'"optimisme prudent" de M. Solana sur la poursuite du processus de paix, et qui a aussi souligné l'importance d'un dialogue constructif entre l'Union européenne et la nouvelle présidence américaine.
Javier Solana, qui venait de Stockholm où il avait longuement évoqué le processus de paix au Proche-Orient avec le président du Conseil européen Göran Persson et le Secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, a espéré qu'un nouveau sommet puisse avoir encore lieu avant les élections israéliennes du 6 février, "peut-être en Europe". M. Solana a rappelé son engagement des dernières semaines en faveur du processus de paix, en notant en particulier que, le premier janvier, il était dans la région et il avait rencontré successivement le premier ministre Barak et le président Arafat. Le Haut Représentant a espéré que les parties puissent s'entendre sur "une série de paramètres" afin qu'on puisse compter sur "un certain nombre d'acquis" de sorte que, quel que soit le résultat des élections israéliennes, les négociations ne doivent pas commencer à zéro. M. Solana, qui est membre de la Commission d'établissement des faits (qui avaient provoqué la vague de violences meurtrières de l'année dernière) présidée par le sénateur américain Mitchell, a noté que la Commission a bien travaillé, même si sa tâche n'est pas facile, mais que ce travail a dû être interrompu en attendant les élections israéliennes.
Quant au Commissaire aux relations extérieures Chris Patten, il a, à propos des "exécutions extra-judiciaires" en Israël, affirmé que c'est "inacceptable pour une nation démocratique" de recourir à de tels moyens, et il a condamné en même temps les exécutions de Palestiniens (accusés de trahison), en rappelant que l'Autorité palestinienne s'était engagée à respecter un moratoire sur la peine de mort. M. Patten, qui s'est inquiété de la situation humanitaire en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a affirmé: "Nous avons demandé à Israël de cesser immédiatement de retenir les paiements de recettes (douanières) dues à l'Autorité palestinienne", car ceci, avec le bouclage des territoires, a "un effet dévastateur sur l'économie palestinienne et, comme la nuit suit le jour, sur la stabilité politique". M. Patten a rappelé que la semaine dernière la Commission avait approuvé une nouvelle facilité financière de 30 millions d'euros destinée à soulager le budget de l'Autorité palestinienne (voir EUROPE du 25 janvier, p.10), tout en notant que "si nous continuons à retirer des paiements mensuels de la facilité financière spéciale pour faire face aux besoins administratifs quotidiens de l'Autorité palestinienne (...) les fonds seront très rapidement épuisés".
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