Bruxelles, 30/01/2001 (Agence Europe) - L'offre publique d'achat lancée par le groupe portugais Electricidade de Portugal (EDP) sur son homologue espagnol Hidrocantábrico devra sans doute être notifiée à la Commission européenne et obtenir l'autorisation de celle-ci afin de pouvoir aboutir, a indiqué la porte-parole à la concurrence Amelia Torres. Le groupe EDP, allié à la Caisse espagnole Cajastur, avait en effet rendu publique jeudi dernier une offre conjointe sur 100% du capital de Hidrocantábrico (pour les détails, voir IE du 27 janvier, p. 18). « Selon les premiers éléments dont nous disposons, cette opération est de dimension communautaire », a ajouté Mme Torres, « car le chiffre d'affaires réalisé par ces entreprises semble dépasser le seuil fixé par le règlement 21 sur les fusions ». Ce règlement délègue à la Commission une compétence exclusive en matière d'autorisation de fusions, acquisitions, offres publiques d'achats et autres opérations de dimension européenne et oblige donc les acteurs concernés à notifier leur opération dans les sept jours suivant leur décision. La porte-parole a précisé par ailleurs que le gouvernement espagnol, s'il entend bloquer cette opération ou orienter son issue, devra « expliquer à la Commission les intérêts légitimes qu'il défend ». Elle se référait au discours du ministre espagnol de l'Economie Rodrigo Rato, qui a évoqué les « difficultés » que pourrait rencontrer la transaction du fait de la présence de capitaux publics dans l'actionnariat de EDP. Selon le règlement, un Etat membre a le droit de se prononcer pour ou contre une opération de fusion ou d'acquisition si des « intérêts légitimes » sont en jeu (pluralité des médias, sécurité publique et sauvegarde des règles prudentielles dans le secteur financier). Si d'autres intérêts entrent en compte, le gouvernement espagnol devra notifier à la Commission leur nature, et celle-ci aura un mois pour se prononcer.