Bruxelles, 04/12/2000 (Agence Europe) - A l'issue de la dernière rencontre hebdomadaire des négociateurs européens et marocains, le commissaire Franz Fischler a rappelé que l'Union européenne est disposée à soutenir le développement de la pêche côtière marocaine, la restructuration de la flotte de haute mer, les infrastructures portuaires et l'ensemble de la filière marocaine de transformation et de commercialisation. "Ne pas avoir d'accord serait une occasion manquée pour le secteur marocain de la pêche", a déclaré M. Fischler avant d'ajouter: "Nous sommes prêts à de nouveaux compromis pour arriver à une solution équitable. Mais il nous faut maintenant un signal clair des autorités marocaines qu'elles sont également prêtes à bouger lors de la prochaine réunion à Bruxelles".
Comme nous l'avons déjà indiqué (voir EUROPE du 1er décembre, p.16), les négociateurs européens ont fait de nouvelles propositions pour rencontrer certaines demandes marocaines même si la question très délicate du nombre de navires qui seraient finalement autorisés à pêcher dans les eaux marocaines est encore loin d'une solution. A l'argument marocain de la préservation des ressources qui devrait conduire à une réduction drastique de l'effort de pêche (avec une réduction de 80 à 90% du nombre de licences octroyées aux navires communautaires) s'oppose celui de la présence d'autres navires de pays tiers et une estimation selon laquelle la part des captures effectuées par les bateaux européens n'aurait pas excédé 18% du volume total des captures dans les eaux marocaines. Rappelons que sur 420 navires communautaires, pratiquement tous espagnols, bénéficiant en 1999 de l'ancien accord de pêche avec le Maroc, on comptait 84 céphalopodiers et 113 crevettiers. Le reste de la flotte concernée était principalement constituée de palangriers (dont une trentaine de bateaux portugais) et d'embarcations utilisées pour la pêche artisanale, notamment pour les espèces benthiques. L'offre faite jeudi dernier par les négociateurs européens d'aller progressivement vers un débarquement de toutes les captures des navires congélateurs dans les ports marocains n'est pas négligeable. L'accord précédent prévoyait déjà des débarquements obligatoires pour 25 des 84 céphalopodiers en activité dans les eaux marocaines en 1999. Il s'agirait d'étendre progressivement cette obligation à tous les céphalopodiers et aux crevettiers congélateurs qui étaient au nombre de 35 en 1999. EUROPE croit savoir que, d'après la dernière proposition européenne, le débarquement de 100% des captures des navires congélateurs serait obligatoire après la troisième année d'application de l'accord, les négociateurs européens ayant aussi accepté de ramener à quatre ans la durée de l'accord (au départ, la Commission souhaitait de 5 ans).