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Bulletin Quotidien Europe N° 7839
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/elargissement

Les députés ont interrogé MM. Prodi et Verheugen sur la réforme institutionnelle de l'UE, les délais de ratifications des adhésions, la participation des nouveaux Etats membres aux élections européennes de 2004, les ressources budgétaires, les Kurdes

Bruxelles, 09/11/2000 (Agence Europe) - Mardi après-midi, après les exposés de MM. Prodi et Verheugen sur les progrès des pays candidats à adhérer à l'UE devant la Conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen élargie à tous les députés intéressés (voir EUROPE d'hier, p.7), les parlementaires ont posé une série de questions à la Commission, en soulignant leur volonté de suivre de près le processus d'élargissement.

Le président de la commission des Affaires étrangères du PE, le démocrate-chrétien Elmar Brok, s'est félicité de voir la Commission confirmer le principe de la « différenciation » entre les pays candidats et a souhaité que, à Nice, les gouvernements de l'UE soient « aussi courageux » que les gouvernements des pays candidats lorsqu'ils se sont attaqués aux nécessaires réformes. Ce serait "vraiment tragique" si, après Nice, on devait constater que les Quinze sont incapables de s'entendre sur les réformes nécessaires pour réussir l'élargissement, s'est exclamé à son tour le président du groupe du PPE M. Pöttering, qui a espéré que les Etats membres diront au sujet de l'élargissement ce que venait de dire la Commission. En outre, l'élu de la CDU a estimé que la ratification du nouvel élargissement par les Parlements nationaux ne doit pas prendre deux ans: un an devrait suffire, si le Parlement européen y arrive en six mois, a-t-il affirmé. Le président du groupe socialiste M. Baron a posé quant à lui le problème des ressources budgétaires, et M.Verheugen lui a rappelé que, dans les perspectives financières, le coût de l'élargissement est couvert jusqu'en 2006 ; cependant, il a noté aussi que les dépenses prévues au titre de la Pac sont fondées sur la prémisse que les candidats ne participeront pas tout de suite pleinement à cette politique. Ne faudrait-il pas mettre aussi la Charte des droits fondamentaux sur la table ? a demandé M. Baron, et M. Prodi lui a répondu que la Charte, « c'est l'avenir ». A M. Haarder, qui , en parlant pour le groupe libéral, demandait si la Commission n'avait pas finalement fait marche arrière sur le calendrier, M. Verheugen a répliqué que c'était un malentendu de croire que la Commission avait prévu la conclusion des négociations avec les pays les plus avancés pendant le premier semestre de 2001 - ce qui n'exclut pas, a-t-il ajouté, que ceci soit possible pour l'un ou l'autre pays. Ne créons pas de divisions artificielles entre pays candidats, car il ne s'agit pas de savoir « qui a des amis dans les institutions » européennes, s'est écriée Mme Hautala, co-présidente du groupe des Verts, alors que le président du groupe de la Gauche unitaire M. Wurtz a estimé qu'un signal important à l'adresse des pays candidats pourrait consister à distinguer entre les critères politiques et les critères économiques, et fixer une « date-butoir rapprochée pour tous ceux qui respectent les critères politiques ». C'est difficile de distinguer le politique de l'économique, cela risque de « faire perdre le sentiment du grand changement historique » qui est en cours, a répliqué M. Prodi.

Plusieurs députés, y compris la libérale démocrate britannique Baroness Ludford, ont demandé à M. Verheugen si le mot « kurde » était cité dans le rapport de la Commission. Je ne vais pas laisser m'entraîner dans une discussion qui « n'apporte rien », a répliqué le Commissaire, en ajoutant que le mot n'était pas utilisé dans le rapport sur le partenariat avec la Turquie (où la situation d'autres groupes, et pas seulement des Kurdes, suscite des « préoccupations », a-t-il dit), alors qu'évidemment il l'était dans le rapport « régulier » et descriptif sur la Turquie (par exemple là où il constate que les Kurdes ne peuvent pas avoir d'émission radio dans leur langue).

A propos de l'état de préparation de l'UE à l'élargissement après Nice, le radical italien M. Dell'Alba a exprimé son inquiétude pour la tendance qui se dessine à aller vers une Commission avec un Commissaire par pays ; dans une telle configuration, l'UE deviendra une sorte de "Conseil de l'Europe bis" où vous aurez des difficultés à revendiquer les pouvoirs que vous avez réclamés dans votre discours du 3 octobre dernier au Parlement européen, a-t-il dit à M.Prodi. Mais ce dernier lui a répondu en rappelant les inquiétudes exprimées par les « petits » pays et en estimant que, même dans une telle situation, la Commission européenne pourra être forte et efficace, pourvu que le président dispose de pouvoirs suffisants et d'une certaine liberté et flexibilité dans l'organisation de la Commission. En répondant encore à M.Dell'Alba, M.Prodi a affirmé que le problème de « Monsieur Pesc au sein de la Commission » va se poser « de manière très claire » et, en confirmant son estime pour Javier Solana, il a dit: il ne s'agit ni de moi ni de Monsieur Solana, mais du « post-Prodi et du post-Solana ». Le coprésident du groupe de l'Europe des démocraties et des différences, M. Bonde, a estimé en revanche que ceux qui pensent que la gestion des affaires européennes n'est nullement attrayante sont en train de gagner du terrain, et a reproché aux pays de l'UE de demander aux candidats des choses qu'ils ne sont pas en mesure de faire eux-mêmes. La Verte allemande Mme Schroedter a dit pour sa part que les pays candidats devraient se concentrer maintenant surtout sur la mise en place d'administrations efficaces et fiables et, comme d'autres députés, elle a insisté sur un rythme de négociations permettant à de nouveaux membres de participer aux élections européennes de juin 2004. L'élu de Forza Italia M. Podestà a insisté sur la préparation des opinions publiques à l'élargissement et sur des solutions au problème linguistique que celui-ci posera. Le social-démocrate néerlandais Wiersma et le travailliste britannique Titley se sont interrogés sur les différents rythmes d'adhésion des différents candidats, et M. Prodi a anticipé une sorte de « concurrence vertueuse », alors que M. Verheugen a répété que c'est faux de raisonner en termes de « groupes » de pays entrant dans l'UE en même temps; en soulignant qu'il parlait à titre « très personnel », il a ajouté qu'il serait « très déçu » si un pays à peine du groupe d'Helsinki conclura les négociations en 2002. La libérale néerlandaise Mme Plooij-van Gorsel a posé la question de l'euro, mais M. Prodi lui a indiqué qu'on n'en parle pas encore, alors que M. Verheugen, interrogé au sujet de la Pac par le président de la commission de l'agriculture, le Vert allemand Graefe zu Baringdorf, a indiqué en particulier que, en tout cas, il n'y aura pas d'aide directe au revenu des agriculteurs des pays candidats. Enfin, M. Verheugen a rassuré l'élue de l'ÖVP Mme Flemming qui s'inquiétait une fois de plus pour l'activité de la centrale nucléaire de Temelin: je ne suis « pas si insatisfait » que j'aurais pu l'être auparavant, a remarqué le commissaire, en notant la volonté de dialogue aussi bien de la part de la République tchèque que de l'Autriche. Les deux parties n'ont pas encore demandé à la Commission de faire des propositions, a-t-il précisé.

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