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Bulletin Quotidien Europe N° 7839
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mediterranee

Ambitions limitées pour la 4e conférence ministérielle de Marseille (15 et 16 novembre) - La "Charte" politique n'est pas mûre - Relance de quelques projets économiques ?

Bruxelles, 09/11/2000 (Agence Europe) - La 4e session ministérielle euro-méditerranéenne aura lieu comme prévu le 15 et 16 novembre à Marseille, et seront normalement présents les quinze pays de l'UE et leurs douze partenaires méditerranéens: Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Palestine, Jordanie, Syrie et Liban, Israël, Turquie, Chypre et Malte. Cette réunion fait suite à la conférence de Stuttgart d'en avril 1999 - 3e session ministérielle, qui avait abouti à relancer le « processus de Barcelone » - et à celle, informelle, qui a eu lieu à Lisbonne en mai dernier. Ces deux dernières rencontres avaient permis de mettre au point un programme de travail concret pour faire progresser les différents dossiers retenus au titre de la coopération méditerranéenne classés en trois volets: a) politique et sécurité, b) coopération économique, c) « matières humaines » (culture, social, migrations, société civile, etc.).

Selon un porte-parole de la présidence du Conseil, la conférence n'a pas encore d'ordre du jour définitif. A titre indicatif, un premier sujet concernera la réforme des procédures d'aide et de coopération dans la zone euro-méditerranéenne. C'est essentiellement programme MEDA 2 qui sera évoqué, et la conférence examinera les moyens de le rendre plus efficace. Elle pourra aussi examiner les différentes coopérations dans les domaines économique, audiovisuel, etc. Il y aura aussi des contacts politiques relatifs aux différents conflits dans la zone euro-méditerranéenne et, bien entendu, au Proche-Orient. La question de la Charte euro-méditerranéenne sur la paix et la stabilité pourrait être évoquée sous une forme ou une autre mais ce dossier là risque de ne pas être mûr ». Les récentes discussions au sein du groupe ad-hoc sur le projet de cette Charte n'ont pas permis de progresser plus avant dans l'élaboration d'un texte commun pour donner corps à l'ossature décidée à Stuttgart. Un projet de la présidence du Conseil (France) aurait été finalement, selon un haut fonctionnaire participant aux réunions, « vidé de sa substance ». Selon des sources concordantes, européennes et des pays partenaires, la décision a été prise, d'un commun accord, de surseoir à la mise au point de cette déclaration. Ce serait une "pause de réflexion" pour les plus optimistes, un "gel jusqu'à l'apaisement au Moyen-Orient", selon d'autres.

Sur les aspects économiques, plusieurs rencontres sectorielles permettent d'escompter la mise au point de projets communs dans le domaine de la coopération entre entreprises et l'encadrement et l'accueil des investissements et divers autres domaines dont plusieurs sont antérieurs au processus de Barcelone (énergie, transports, gestion de l'eau, etc.). La rencontre de Marseille devrait procéder à un examen d'étape à leur sujet.

Vers une réorientation générale de la coopération euro-méditerrranéenne ?

Dans l'ensemble, l'exploration fructueuse de différentes voies ne comble pas les piétinements et les hésitations qui affectent la coopération euro-méditerranéenne en général, qu'elle soit globale ou bilatérale (la Commission n'a pas encore bouclé la série de négociations d'accords d'association avec tous les pays de la région). Ce constat fait aussi bien par les pays participants que par le Parlement européen a amené la Commission européenne à proposer une refonte des méthodes de travail et de réunion. La suggestion est d'opérer une réorientation générale et de tout miser sur l'encouragement des intégrations régionales ou sous-régionales. La faiblesse des relations Sud-Sud, commerciales comme économiques, semble être considérée comme un frein puissant au développement de la coopération euro-méditerranéenne. Le retard dans la décision - encore en discussion - sur la dotation et le fonctionnement du programme MEDA2 contribue, au sur-place actuellement constaté. Aussi bien le projet de revitalisation du processus que la décision sur MEDA ne seront pas prêts d'ici la réunion de Marseille, ce qui risque d'affaiblir sa capacité d'initiative. Le plus probable est qu'elle servira essentiellement à recueillir les réactions et commentaires des pays partenaires sur les propositions récentes européennes.

Mais le principal obstacle est évidemment politique: il résulte de la difficulté éprouvée à chacune des rencontres ministérielles de dissocier le processus de Barcelone de celui de la paix en Méditerranée orientale (Moyen-Orient) dont les blocages et les tensions rejaillissent sur le dialogue ouvert entre les vingt sept pays, et affectent le climat général des discussions.

Dans le contexte actuel, la crainte est que la décision des pays arabes de geler leurs relations avec Israël n'aboutisse à les faire boycotter la réunion de Marseille. Mais seule la Syrie a, à ce jour, donné une interprétation aussi restrictive de la décision du "sommet" arabe du 21 octobre. "Pour l'instant, nous ne sommes pas informés de décisions de non-participation. De toute manière, nous poursuivons la préparation tout à fait normalement ", a déclaré à ce sujet le porte-parole français du ministère des Affaires étrangères. On en saura plus dans les tout prochains jours, car des réunions de coordination arabes ont lieu en préalable à la rencontre ministérielle de Marseille. L'impression générale est que les pays arabes seront présents mais la rencontre ne serait suivie par aucun texte de conclusion ni communiqué conjoint scellant d'éventuels acquis. Une simple déclaration de la présidence européenne seule serait envisagée.

Le porte-parole de la présidence a aussi indiqué que "M. Hubert Védrine s'est entretenu par téléphone (mardi après-midi) avec le ministre syrien des Affaires étrangères, M. Charaa. Ils ont évoqué ensemble les perspectives de la conférence de Marseille. M. Védrine a fait part à son collègue syrien des raisons pour lesquelles un report de la Conférence de Marseille ne pouvait pas être envisagé, compte tenu de l'importance des enjeux liés à la poursuite du processus de Barcelone. Il a indiqué s'être concerté à ce sujet avec ses partenaires tant européens que méditerranéens".

Il a par ailleurs ajouté que la Libye participera à la rencontre en tant qu'"invité spécial".

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