login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7804
Sommaire Publication complète Par article 24 / 40
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/developpement

En approuvant les rapports Ferrer et Wijkman, le Parlement insiste sur une réforme efficace de la politique de l'UE et sur l'importance de la dimension environnementale

Bruxelles, 21/09/2000 (Agence Europe) - Le Parlement européen a discuté, mercredi soir, des rapports concernant la coopération au développement, et en particulier celui de Conceptio' Ferrer (PPE, espagnole) sur la complémentarité de la politique de coopération au développement de l'UE et celle des Etats membres. Le rapport affirme que les différentes conceptions des Etats membres en matière de coopération au développement ont empêché au fil des années de mettre en oeuvre une politique cohérente de l'UE, renforcée par les contributions des politiques des pays membres. Mme Ferrer critique aussi la Commission pour la manière dont elle s'attaque à la réforme de la politique de développement de l'Union et insiste afin que cette politique se fonde sur les trois "C": complémentarité, coordination et cohérence. Quant au président de la commission du développement Joaquim Miranda (communiste portugais), il a affirmé que la politique communautaire de coopération au développement ne saurait être réduite "au plus petit commun dénominateur des politiques des Etats membres". En constatant que, chaque fois qu'il y a eu coordination entre les positions de la Commission et des Etats membres, les résultats ont été très positifs, les députés ont demandé au Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, d'étudier les possibilités de coopération UE/Etats membres au sein des enceintes internationales.

Dans le même débat, le Parlement a discuté le rapport d'Anders Wijkman (PPE, suédois) sur le projet commun de règlement (approuvé par le Comité de conciliation Parlement/Conseil) visant à promouvoir la pleine intégration de la dimension environnementale dans le processus de développement des pays en voie de développement. Le Parlement est consulté en troisième lecture, selon la procédure de codécision, et le rapporteur a souligné que le règlement en question constitue un "instrument juridique majeur" devant remplacer le règlement expiré à la fin 1999. M.Wijkman souligne que, en conciliation, le Parlement a pu obtenir un financement suffisant des activités: en effet, le Conseil a accepté de porter l'enveloppe budgétaire, pour la période 2000-2006, de 50,4 à 93 millions d'euros. Le Conseil a aussi proposé un compromis sur un problème qui se pose régulièrement avec le Parlement, celui de la "comitologie", en suggérant l'intervention d'un comité de gestion seulement pour les aides à partir de 2,5 millions d'euros: sinon, la Commission pourrait décider elle-même sans intervention de ce comité. Le rapporteur a donc recommandé à la plénière d'approuver le projet commun, ce qu'elle a fait jeudi matin.

Je veux aller de l'avant sur la question de la complémentarité entre les actions de l'UE et des Etats membres, a affirmé à l'issue du débat le commissaire chargé de la coopération au développement Poul Nielson, qui a souligné que le processus de réforme de la politique de développement " avance ". " Nous savons quelles batailles combattre et nous les gagnerons, avec votre aide ", a-t-il commenté, tout en notant que la Commission devra disposer de ressources (notamment humaines) suffisantes, et que, là aussi, il a besoin du soutien du Parlement. Les Etats membres auront un " rôle clé " dans la discussion des priorités politiques dans ce domaine, mais ils ne doivent pas se charger d'une sorte de "micro-gestion des projets". La crainte de quelques députés que certains Etats membres veuillent " démanteler ce que nous faisons " ne me semble pas justifiée, a dit aussi M.Nielson, en soulignant que de fermes engagements financiers ont été pris dans le cadre du FED et, plus en général, dans les perpectives financières: l'Union européenne est le donateur " le plus prévisible et le plus stable" d'aide au développement, a-t-il conclu

Par la résolution Ferrer, le Parlement européen invite le Conseil et la Commission à accélérer leurs travaux en matière de complémentarité des politiques de développement de l'UE et des Etats membres: ces derniers doivent intensifier leurs échanges d'informations et la communication avec la Commission européenne. Par ailleurs, il souligne qu'une condition préalable à une plus grande complémentarité est "la décentralisation des pouvoirs de décision des administrations en charge de la coopération au développement", et demande à la Commission de présenter à bref délai ses plans sur ce processus de décentralisation. Selon le Parlement, au-delà de sa communication sur la complémentarité, la Commission européenne devrait présenter "un texte d'ensemble, englobant la complémentarité, la cohérence et la coordination, visant à renforcer de manière générale les politiques de développement communautaire et bilatérales et donner ainsi une plus grande visibilité à l'Union" (ce qui va dans le sens des préoccupations exprimées lors de la réunion de type Gymnich à Evian: voir EUROPE des 3/4 septembre, pages 4 et 5). Le Parlement reconnaît que, pour améliorer l'efficacité de l'aide communautaire au développement, il faut augmenter les ressources humaines que l'UE affecte à la gestion de cette aide, et insiste aussi sur le renforcement des moyens de réflexion et d'analyse de la Commission dans ce domaine, en notant que l'insuffisance de ces moyens a conduit la Commission à "utiliser les travaux faits par des organismes qui n'ont pas la même sensibilité politique et sociale que l'Union européenne".

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE