Strasbourg, 12/09/2000 (Agence Europe) - En notant que le gouvernement tchèque entend commencer dans les prochains jours les essais du réacteur N.1 de la centrale nucléaire de Temelin (réacteur qui était à l'origine un réacteur de conception soviétique du type VVER 1000 transformé ensuite par la firme américaine Westinghouse), le Parlement européen demande, dans une résolution adoptée la semaine dernière pendant ses débats d'urgence, que les autorités de la République tchèque attendent d'abord que les procédures d'évaluation de l'incidence sur l'environnement aient été menées à bien, « conformément à des normes acceptables au sein de l'Union européenne ». Le Parlement invite aussi le Parlement tchèque à ratifier rapidement la convention d'Espoo, qui garantit les droits des citoyens des pays voisins dans le cadre de ces procédures d'évaluation de l'impact sur l'environnement concernant les centrales nucléaires. Le gouvernement tchèque doit veiller au contrôle du niveau de sécurité à Temelin par des experts, et fournir davantage d'informations à ce sujet aux institutions de l'UE, affirme la résolution, qui invite aussi les autorités tchèques à se conformer pleinement aux critères internationaux de sûreté et à poursuivre leur coopération avec l'AIEA. Des questions comme la sûreté énergétique et nucléaire doivent continuer à être traitées par la Commission parlementaire mixte PE/République tchèque, souligne aussi le Parlement.
Au cours du débat, plusieurs députés autrichiens ont plaidé afin que la République tchèque respecte les normes européennes: c'est le cas de Mme Flemming (ÖVP), qui a demandé que les autorités tchèques essaient de se comporter comme si leur pays était déjà membre de l'UE ; de la Verte Mme Echerer, qui a regretté en particulier le report, sans aucune justification, de la ratification de la Convention d'Espoo par le Parlement tchèque ; de la sociale-démocrate Mme Scheele, qui a souligné l'importance de ce problème pour l'opinion publique ; et de l'élue du FPÖ Mme Raschhofer, qui a affirmé que la République tchèque, dans cette affaire, ne se comporte pas du tout dans un esprit de partenariat et a rappelé que, cette semaine, tous les partis représentés au Parlement autrichien ont adopté une résolution disant que la République tchèque peut adhérer à l'UE seulement si la centrale de Temelin est adaptée.
La Commission européenne considère le respect des normes européennes dans les centrales comme une « question clé » dans les négociations d'adhésion, et elle aide les pays candidats à remplir les conditions pour l'assurer, a indiqué Poul Nielson, qui a aussi noté que l'AIEA, après avoir vérifié le système de sûreté de la centrale de Temelin, a constaté que les autorités tchèques avaient agi correctement. Une voix discordante dans ce débat: le conservateur britannique Chichester a estimé qu'il n'y a aucune raison d'interférer dans le comportement des autorités tchèques, et s'en est vivement pris à ses collègues, surtout chez les Verts, pour avoir posé la question et fait « du chantage »: je regrette qu'en Autriche, les gens « se laissent conduire par leurs émotions ». Rappelons que, le week-end dernier à Evian, la ministre autrichienne des Affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner avait remis au président du Conseil Hubert Védrine une note demandant que l'UE veille aux conditions de l'entrée en activité de la centrale de Temelin, qui est près de la frontière autrichienne. Selon plusieurs dirigeants du FPÖ, l'UE devrait poser un règlement de cette affaire comme condition préalable de l'adhésion de la République tchèque à l'Union.