Bruxelles, 12/09/2000 (Agence Europe) - Mario Monti, le commissaire européen à la concurrence, a évoqué mardi à l'université de Nijenrode les problèmes de concurrence causés par l'avènement de la télévision privée, au moment où les diffuseurs publics se voient reprocher des financements injustifiés. Il en a profité pour mettre en exergue la nécessité pour les gouvernements de définir les obligations liées au service public et de rappeler que les financements doivent être proportionnés aux coûts. Il a annoncé qu'il préparait des lignes directrices à ce sujet. Il a abordé les défis qui sont posés par la société de l'information et la commercialisation des sports.
En matière d'aides d'Etat dans le secteur des médias, Mario Monti a rappelé que la Commission est convaincue de la nécessité d'un service public sain. Pour lui, la notion de service public doit être définie par l'Etat lui-même afin qu'elle respecte l'attente de ses propres citoyens et la pluralité culturelle. Il estime que le financement doit rester proportionnel aux coûts du service public et ne peut affecter la concurrence d'une manière qui serait contraire à l'intérêt commun. Il n'entrevoit de réel problème de concurrence que dans la mesure où les diffuseurs publics sont en concurrence directe avec d'autres opérateurs sur le marché de la publicité. Il ne s'agit pas de s'en prendre à la décision des Etats de financer le service, mais d'examiner, lorsque le financement est à la fois de source étatique et privée, si la part apportée par l'Etat reste proportionnelle à la mission de service public.
En ce qui concerne les transmissions sportives, Mario Monti a précisé que les accords d'exclusivité posent un problème de concurrence lorsqu'ils couvrent plus d'un an ou plus d'une compétition. Des situations difficiles peuvent également survenir quand les droits d'exclusivité sont vendus collectivement, de manière exclusive ou non.
Enfin, il a souligné que si la plupart des accords conclus dans le domaine de la société de l'information sont pro-concurrentiels, il n'en reste pas moins un danger que des opérateurs détenteurs de positions fortes ne soient tentés d'influencer les autres marchés. Il cite le cas de AOL/Time Warner (pas encore tranché), qui pourrait, selon la Commission, conduire à la création d'une position dominante sur le marché du téléchargement de musiques sur Internet et les marchés de programmes relatifs.
En ouvrant son allocution, le prof.Mario Monti avait rendu hommage à Karel van Miert, qui est le recteur de l'Université de Nijenrode après avoir été pendant plusieurs années commissaire européen à la concurrence. M.Monti a souligné ce que l'Europe en général et la politique européenne de la concurrence en particulier doivent à M.Van Miert, et ce qu'il lui doit personnellement Mario Monti lui-même, en tant que son successeur.