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Bulletin Quotidien Europe N° 13872
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Écofin

Compétitivité, cryptomonnaies et soutenabilité budgétaire à l'agenda des ministres européens des Finances

Les ministres des Finances des pays de l'Union européenne se réuniront, vendredi 22 et samedi 23 mai, pour une réunion informelle à Nicosie (Chypre) consacrée à la compétitivité de l'Union, à l'usage des 'stablecoins' et à la soutenabilité budgétaire à long terme.

Vendredi midi, à la suite de la réunion de l'Eurogroupe (EUROPE 13872/9), les ministres européens aborderont le renforcement de la compétitivité lors d'un déjeuner de travail. Les échanges se tiendront avec la participation du 'Mécanisme européen de stabilité' (MES), l’objectif étant d'approfondir les moyens de renforcer la compétitivité européenne à la lumière des récents développements géopolitiques.

« Après l’important travail de diagnostic réalisé avec les rapports 'Letta' et 'Draghi', et maintenant que les problèmes sont clairement identifiés, il s’agira de discuter des meilleures solutions pour combler réellement le déficit de compétitivité »a déclaré un diplomate européen, mercredi 20 mai, à un petit groupe de journalistes, dont Agence Europe.

La discussion s’appuiera sur des contributions universitaires, tandis que la Présidence chypriote du Conseil de l’UE a identifié, dans un document de travail destiné à nourrir le débat, cinq grands axes de réflexion : - le renforcement de la résilience économique et de l’autonomie stratégique de l’Europe, en particulier dans les domaines de l’énergie, de l’innovation et du financement ; - les freins à l’investissement privé en R&D et le rôle de l’Union de l’épargne et de l’investissement ; - l’adaptation du modèle industriel et exportateur européen aux secteurs stratégiques de demain ; - les effets de la diversité des modèles économiques des États membres sur la compétitivité ; - les moyens d’accroître la productivité européenne tout en préservant le modèle social de l’Union.

Voir le document de travail de la Présidence sur le renforcement de la compétitivité : https://aeur.eu/f/lzk  

Stablecoins. Vendredi après-midi, le Conseil informel des affaires économiques et financières poursuivra ses échanges en présence des gouverneurs des banques centrales européennes sur l'usage des cryptomonnaies dites 'stables' (stablecoins), généralement indexées sur une monnaie classique - par exemple, le dollar américain - à l'instar du Dai, de l'USD Coin ou du Tether. Cette dernière cryptomonnaie stable est celle qui a connu la croissance la plus forte, bien que, de manière générale, l'utilisation des stablecoins dans l’économie réelle reste modeste.

La discussion devrait se concentrer sur les risques que ces actifs pourraient faire peser sur la stabilité financière de l'UE, la souveraineté monétaire et le financement des banques, ainsi que sur les réponses réglementaires et les infrastructures européennes à développer afin d’éviter une trop forte dépendance à l'égard de stablecoins libellés en dollars dans la future finance 'tokenisée'.

« Ce débat alimentera aussi la ligne de travail déjà engagé au sein de l’Eurogroupe, où des avancées sont également attendues d’ici juillet », a indiqué le même diplomate européen.

Soutenabilité budgétaire. Samedi matin, ministres et banquiers centraux s'interrogeront sur la manière de réconcilier, d'un côté, les énormes besoins en investissement dans la défense et la décarbonation de l'économie et, de l'autre, l'impératif de préserver des finances publiques saines.

Dans une autre note de cadrage, dont Agence Europe a eu copie, la Présidence chypriote demande aux grands argentiers européens s'ils partagent la position du FMI selon laquelle, pour récupérer de la marge de manœuvre budgétaire, les États membres devraient aller au-delà des règles budgétaires de l'UE et « repenser » leur rôle dans des domaines tels que « les retraites, l'État providence, la santé, les infrastructures et l'éducation ».

La Présidence chypriote souligne que « la crédibilité » du Pacte de stabilité et de croissance dépendra de son application « stricte », les clauses de flexibilité devant être restreintes aux « circonstances exceptionnelles ».

Pour accroître les moyens budgétaires disponibles au niveau européen pour financer les investissements renforçant l'autonomie stratégique de l'UE, les autorités chypriotes sont aussi d'avis que des mécanismes d'emprunt devraient être pris en considération dans les domaines générant « une valeur ajoutée claire », citant les achats communs dans la défense et les grandes infrastructures énergétiques ou liées aux matières premières critiques.

Néanmoins, prévient la Présidence chypriote, il convient de tenir dûment compte des implications d'un emprunt commun, comme le service de la dette contractée. D'après la Cour des comptes européenne, note-t-elle, les frais liés aux 900 milliards d'euros empruntés par l'UE (surtout pour affronter la pandémie de Covid-19) devraient « dépasser 30 milliards d'euros en 2027, soit plus du double d'estimations antérieures ». (Bernard Denuit et Mathieu Bion)

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