Les eurodéputés souhaitent une action plus résolue de l’UE pour réduire le nombre d’accidents de travail et a soutenu, jeudi 21 mai à Strasbourg, une résolution demandant que le 8 août soit désigné ‘Journée européenne du souvenir des victimes d'accidents du travail et pour la protection et la dignité des travailleurs’ (EUROPE 13864/16).
Cette demande a été soutenue par 395 voix, contre 12 et 41 abstentions. Mais la vice-présidente de la Commission Roxana Mînzatu a aussi prévenu, la veille, qu'une Journée internationale de l'ONU existe déjà sur le sujet, chaque 28 avril. La Commission doit donc évaluer cette demande, d'ailleurs déjà posée sous de précédentes législatures.
Au-delà de cette Journée européenne, qui aurait pour objectif de sensibiliser le public à l'importance de la prévention et de la sécurité au travail dans les secteurs public, privé et institutionnel et de mettre en œuvre des initiatives concrètes dans les écoles et les lieux de travail, les élus ont aussi demandé à la Commission d’évaluer et de prendre en compte les risques pour la santé et la sécurité au travail associés à l'IA et aux systèmes de gestion algorithmiques. Les travailleurs employés au moyen de plateformes numériques et ceux dont les tâches, le rythme et les performances sont pilotés ou évalués par des outils d'intelligence artificielle peuvent être exposés à des risques accrus en raison de l'intensification du rythme de travail et des abus de surveillance.
Les députés souhaitent aussi que la Commission se penche sur les risques pour la santé et la sécurité au travail liés aux facteurs climatiques, tels que le stress thermique, les phénomènes météorologiques extrêmes et la pollution atmosphérique, avec de meilleures mesures de protection et de prévention sur les lieux de travail.
Les fortes chaleurs et les impacts du changement climatique devraient être reconnus comme des facteurs de risque professionnels majeurs.
Il convient aussi de doter les inspections réglementaires en matière de santé et de sécurité au travail de personnel permanent, de ressources adéquates et d'une indépendance institutionnelle. La Commission, dans son futur acte législatif sur les emplois de qualité, doit s’attaquer aux risques psychosociaux au travail et aux nouveaux risques associés aux nouvelles formes de travail.
Lien vers la résolution adoptée : https://aeur.eu/f/lzn (Solenn Paulic)