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Bulletin Quotidien Europe N° 13872
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Énergie

Biocarburants - les eurodéputés conservateurs réclament la suppression de leur plafonnement, la Commission tient bon

Le commissaire européen en charge des Transports durables et du Tourisme, Apóstolos Tzitzikóstas, a déclaré que « pour décarboner les transports, l'inclusion des biocarburants est essentielle, à la fois dans le transport routier, dans l'aviation et bien au-delà », lors d'un débat qui s'est tenu jeudi 21 mai au Parlement européen à Strasbourg.

« Néanmoins, ils doivent être durables, raison pour laquelle leur contribution à l'objectif pour les énergies renouvelables (RED III) et à la directive ReFuelEU, qui concerne l'aviation, est limitée », a-t-il précisé.

Un marché juteux pour la France. Le débat était réclamé par la délégation française du groupe des Conservateurs et Réformistes Européens, qui a souligné « l'urgence d'adapter le cadre légal européen relatif aux biocarburants » pour atteindre la souveraineté énergétique et améliorer la compétitivité.

Le bioéthanol, issu de la culture de betteraves, de blé et de maïs, représente un marché pour la France, premier producteur européen de ce biocarburant, talonné par l'Allemagne, selon les chiffres de 2025 de l'IFPEN. Au niveau mondial, ce sont les États-Unis et le Brésil qui dominent le marché.

La durabilité des biocarburants en question. La directive RED III, entrée en vigueur en 2023, limite à 7% les biocarburants issus de cultures alimentaires et fourragères. Ce plafonnement vise à éviter la déforestation et la reconversion des terres et à promouvoir les biocarburants issus de déchets et de résidus, considérés comme plus durables. Le 10 avril dernier, la Commission a présenté un acte délégué visant à réduire progressivement la contribution des biocarburants, bioliquides et combustibles issus de cultures à risque élevé de déforestation (EUROPE 13846/4).

Pour Stefano Cavedagna (CRE, italien), « les chiffres imposés par la Commission sur les biocarburants dans l'automobile sont ridicules, tout comme la limitation de l'utilisation du soja ». Son appel trouve un écho chez Massimiliano Sadini (PPE, italien), qui réclame « une intensification du recours aux biocarburants dans le secteur des transports maritimes, routiers et dans l'aviation ».

Du côté des Verts/ALE, Jutta Paulus (allemande) alerte sur « l'exploitation des territoires disponibles sur cette planète déjà très importante, qui remet en cause les limites mêmes de son habitabilité ». Martin Günther (La Gauche, allemand), quant à lui, déplore « des pseudo-solutions qui n'apportent rien sur le plan climatique et détruisent les plantes comestibles et les parcelles de forêts ».

À l'issue du débat, Apóstolos Tzitzikóstas a assuré que la Commission cherchait un équilibre « entre le renforcement de la compétitivité et une solution durable et pérenne. » (Nadège Delépine)

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