Au cours d’un dialogue structuré qui s’est tenu mardi 14 avril avec les eurodéputés de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres (FEMM), la commissaire chargée de l’Égalité, Hadja Lahbib, qui défendait la stratégie 2026-2030 pour l’égalité entre les femmes et les hommes présentée en mars dernier (EUROPE 13823/25), a répondu aux interrogations des eurodéputés, dirigées en grande partie sur la mise en œuvre de ce plan.
Au sujet des violences, surtout numériques, plusieurs élues ont décrit une aggravation rapide de la situation. Elżbieta Katarzyna Łukacijewska (PPE, polonaise) a évoqué un phénomène « sans précédent », dont font partie les 'deepfakes', les menaces et la diffusion d’images intimes sans consentement.
Valérie Devaux (Renew Europe, française) a insisté sur l’exposition des jeunes filles sur les réseaux sociaux et interrogé la Commission sur des mesures supplémentaires, notamment autour d’une majorité numérique.
Hadja Lahbib a répondu que ces pratiques sont déjà encadrées. « Nous avons déjà traité cette question à travers le Digital Services Act et l’AI Act », a-t-elle déclaré, mentionnant aussi la directive sur les violences faites aux femmes, qui pénalise les contenus non consentis et le cyberharcèlement. Elle a ajouté qu’un dialogue est en cours avec les plateformes et qu’un plan d’action contre le cyberharcèlement doit aider les États membres à adapter leur législation.
En outre, concernant la définition européenne du viol, Joanna Scheuring-Wielgus (S&D, polonaise) a rappelé les demandes répétées du Parlement pour inscrire le consentement dans le droit européen (EUROPE 13816/22). La commissaire a reconnu une évolution récente et annoncé un travail de cartographie des législations nationales avant toute initiative. Et d’avancer qu’une nouvelle proposition dépendra de ses conclusions.
À propos des inégalités salariales, Mélissa Camara (Verts/ALE, française) a demandé des objectifs plus précis et le déploiement d’un suivi budgétaire en conséquence. La commissaire a fait savoir en ce sens qu’une méthodologie de suivi des dépenses est en préparation pour le prochain cadre financier pluriannuel.
Par ailleurs, Hadja Lahbib a affirmé que l’égalité est intégrée dans l’ensemble des politiques européennes et dans chaque portefeuille de commissaire et a avancé que la priorité était aussi d’appliquer les textes existants avant d’en proposer de nouveaux. « La meilleure directive est celle qui est mise en œuvre », a-t-elle ainsi déclaré. (Nithya Paquiry)